‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 131 sur 809 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

liES PEÉCÉDENTS, WILHEM.

TRIO

M. DE LINSBERG.

Entre, Wilhem! parle sans peur.

[Bas, au grand-duc.) D'un complot il veut vous instruire

LE GRAND-nuc, à Wilhem.

Eh bien donc! que venx-tu me dire?

WILHEM, regardant de temps en temps .)/. de Linsberg et parlant au grand-duc.

Je disais donc à Monseigneur, Vrai comm' je suis son serviteur, Qu' j'étais chez nous la nuit dernière Sans pouvoir fermer la paupière.

Vu qu', par une faveur singulière, Je n' dormons plus ni nuit, ni jour, D'puis que j' suis jardinier d* la cour. [Regardant M. de Linsberg, qui reste inimohila.) C'est bon, c'est bon ; g'nia rien encore.

LE GRAND-DUC

Après, après ?

WILHEM, de même.

V'ià que soudain, A part moi je me remémore Que votre altesse, hier matiu.

M'ordonna d'attacher d' ma main Les Iraineauï qui restaient encore Sur le lac et dans le jardin.

LE GR.4ND-DUC

Des traîneaux!

WILHEM

Oui, voilà le fait.

[.\perccvant M. de Linsberg qui fait un léger mouvement.) Vot' gràc, c'esl-à-dir' vot' altesse, N' m'en voudra pas si j' lui confesse Que j' l'avais oublié tout net.

Allons, je m' dis, point de paresse.

Et, tout en soufQant dans mes doigts.

J'en avais déjà fixé trois, Qu.iiid de l'autr' côté du lac je vois S'ouvrir la f'nètre d' la princesse.

^oc

LA NEinri.

u. DE iiNsDEiiG, porltint rapidement la main à ta collerette. Ociel!

wiLiiEM, l'apercevant et se troublant- Vu tout; c'est une erreur.

LE GRAND-DUC

Sa fenêtre !

WILIIEM.

Non, Monseigneur.

r.E GRAND-Dl'C.

Mi\h tu disais...

wnnEîij rcgatdant M. de Linsborg, qui continua ses signes.

Non pas, vraiment; Je mo serai trompé, peiil-6tre, Etiinand je dis une fenêtre, C éliiit la porte apparemment.

ENSEMBLK.

H. DE LINSBERG.

Ah! rien n'égale mon marlyro!

C'est l'ait de nous, je le craiusbicn.

De mon secret il va l'instruire :

Comment ioni))re cet entretien''

WILUEM.

Ah! quel tourment! ah! quel martyre !

Qu'ai-je donc fait? je n'en sais rien; Mais j'ai peur de ne pas liien dire ; Prenons garde, observons-nous bien.

LE Cn.iND-DUC.

Mais qu'a-t-il donc? que veut-il dire?

Il se trouble, je le vois bien.

Allons, achève do m'instruire ; Allons, achève et ne crains rien.

WILHEM

Je disais donc à Monseigneur Que, sans me vanter, j'eus grand'peur.

J' veux d'abord crier : Au voleiirl Mais derrière un traîneau je pense Qu'il vaut mieux rester, par prudence, Et j'aperçois distinctement...

J'aperçois d'abord une femme.

LE GRAND-DUC

Une femme !

wiLUEM, voyant 16 geste de M. de Linsberg,

Non, non, vraiment.

LE GRAND-DIC

Une femme!

WILHEM

Non, sur mon àmo, Souvent la peur peut nous troti!)lcr.

C'est une façon de parler.

Quand j' dis uu' femme, c'était un homme.

LE GR.^ND-DUO

Un homme qui sortait de cet ap|iarlcmeut ' wiLiiEM, voyant M. de IJnsherg dont les signes redoublent.

Permettez ; je n'en fais pas serment.

Pour la franchise on me renomme.

Et Monseigneur, certainemonl. .

LE OBAND-DL'C.

lînlin, réponds : c'était un homme?

WILBEM.

Je n'ai pas dit que c'en fût un ; Mais pour de vrai, c'était un mantciui brun.

LE ORA^■D-DUC

Réponds, ou bien crains ma fureur, WILUEM.

Je disais donc à Monseigneur...

LE GRAND-DUC

C'est un homme?

WILUEM, regardant toujours de Limberg.

Non, Monseigneur.

lE OXAND-DUC.

Une femme?

WILIIEM.

Non, Monseigneur.

LE GRAND-DUC

Un manteau brnn''

WILHEM

Non, MoDscigiieuf,

Je n'ni rien vu, sur mon honhcnr; Mais vous sentez bien que mon zèle, Et ma [dace de jardinier...

Enlin, v'ij le récit fidèle Que je voulais vous conQer.

ENSEMBLE

M. DE LINSBERG.

Ah ! rien n'égale mon martyre !

C'est fait do nous, je le crains bien, De mon secret il va l'instruire, Conmient rompre cet entretien?

WILHEM

Ah ! quel tourment ! ah ! quel martyre ! Qu'ai-je donc fait? je n'en sais rien:

Mais j'ai peur do ne pas bien dire :

Prenons garde, observons-nous bien.

LE GRAND-DVC.

Mais qu'a-t-il donc? que veut-il dire'î 11 se trouble, jo le vois bien.

Allons, aiheve de m'instruire; Allons, achève et ne crains rien.

WILHEM, s'essuyant le front. Ouf! les gouttes d'cnu! (Regardant M. de Linsberg.) La collerette en est tonte chill'onnée. Je n'aurions jamais cru que ce fût aussi laligant do parler à. un seigneur.

LKGRANO-Duc regarde Wilhem pendant quelque temps, et s'udressunt à 31. de l.insberg. Qu'en pensez-vous? Cet homme-là a perdu la tète, ou il a voulu se jouer de moi : vous veillerez sm- lui.

WILHEM, à part. Ah! mon Dieu! j'aurai lâché quelipic sottise, et me v'ia coH'ré. Chienne d'ambition ! J'avions liieii besoin de nous lancer, nous qui avions déjà une si bonne place !

LE GRAND-DUC. Comte de Linsberg, avertissez l'olfnier de sei'vico de venir s'assurer de lui. Allez, et le plus |>rofond silence sur tout ceci.

u. DE LINSBERG. Oui, Monscigneur. {A part.) Giand Dieu, protége-nous! (Il sort en faisant signe à }Vi:hem de garder le silence.)

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