SCENE X
R.\FAEL, C.i^RLO.
RAFAËL. Me voilà !..
CARLO, effrayé, et à part. Ab çà ! c'est lui qui est sorcier! [Haut.) El vos huit jours d'arrêts?
LA PART DU DIAItLi:.
n.M'Ai:! . yii^ilirl
CAiil.o, «ICC imj}alii'iicc. Et (lu'imiioitc I
RAFAKi.. Il imjioito ([tio dans le pailage... il n'a pas ftiS (lit Iciiiiel de nous deux commencerait... et j'aime mieux ipic ce soit toi...
CAHLO. Moi!..
BAFAEL. C'est pour cela que, me voyant enfermé, j'ai sauté par la fenêtre.
cahlo. Ah! mon Dieu!
BAFAEl. Et c'élait liant... il y avait liien une quinzaine de pieds... mais je me suis dit : Je ne risque rien... il est l.i ipii me soutient... qui me protège...
CAnLo, à part. Il se tuera avec ma protection !
riAFAEL. Ce n'est pas toi, c'est clic que .'e chcrrlic
Sans cela, ce ne serait pas la peine de l'avoir fait apparaître pour moi, et tu ne sais pas quel service tu m'as rendu... c'est elle!'
CARLO. Que vous adoriez de vos fenùtrcs?
hafafx, «<c/me. Qui te l'a dit?
cABLo. Que vous alliez voir chez la senora Urraca la couturière?
hafael. C'est vrai.
CAiii.o. Et pour qui enfin vous avez dépensé tout voire argent en ajustements et en robes de cour.
BAFAEL, rianl. 11 sait tout... Au fait, c'est son état.
CABLO, graiement. Et c'est parce que je sais tout, Ral'.H'l, que je t'engage, moi, ton [u'otcclcur... h oublier relie jeune fille... i la fuir.
BAFAtL. Que me dis-tu là'/
CABLO, lentement. Si tu la revois encore... si lu lui [larlcs... si ta main touche seulement la sienne... tous les luallieurs vont t'accabler.
BAFAEL. Cela m'est égal...
CARLO. Tu es perdu à jamais.
RAFAËL, avec impalience. Et pourquoi?
CARLO. Pounpioi? Eh bien! puisque je ne peux parvenir à felfrayer, apprends donc, toi qui te disais bon Esp.ignol et bon c.alholique, et qui refusais de me livrer ton Ame...
RATAEL. Certainemeut, je refuserais encore...
CABLO. ,\pprcnds donc que, si tu le donnes à elle, ce sera exactement la même chose... car elle est de ma race... de ma famille.
BAFAEL, reculant effraye'. Elle! ab! l'horreur!
CABLO, allant s'asseoir sur le fauteuil à droite. Te voilà prévenu...
R.^FAEL. Elle!., une fille de l'enfer... celte simple et naïve ouvrière... i l'air si modeste... et ce malin encore... si belle et si thnide sous ce costume de paysanne...
CABLO. C'est là -ce qui t'arrête... Nous changeons de l'orme et de caractère à volonté. (Prenant la main de liafaël, qui tremble.) Qu'as-tu donc?
BAFAEL. Ah! tu dis vrail [En ce moment, et derrière Carlo, qui tourne le dos à la porte à droite, parait la reine, s'apputjant sur le bras de Casilda, qui est vêtue majni/iquement.) •■