ANDIOL ET LE CAPITAINE
A l'autel maintennit, Partons, l'on nous attend.
LDMOND, '.( part.
Et moi j'attends la vengeance!
[Bas, au capitaine.} Il faut que je vous parle, à vous seul, un seul mot.
LE CAPITAIMÎ.
Volontiers.
{À Andiol et à Marie.) Laisscî-nous , je vous rejoins bientôt !
ENSEMBLE
MAHIE.
Mon coeur frémit! que veut-il faire'?
Pour moi quel funeste aven.r!
Mais, hélas! aux ordres d'un pèro Je ne pouvais désobéir.
Comment , helas ! désobéir !
EDMCIND.
Dût sous mes pas s'ouvrir la terre, Cet hymcii ne peut s'accomplir.
L'honneur m'ordonne de me Liirc; Mais je puis du moins le jiunir, Je puis me venger et punir.
LE CAPITAINE
L'honneur lui prescrit de se taire, Il n'osera pas me trahir!
A.NEIOL.
Ah! je triomphe! il a beau faire.
Ce doux hymen va s'accomplir ; Et moi j'y trouve, heureux be.iu-pére, Et la richesse et le plaisir.
{Ils sortent tous; itarie et tes ijens de la noce rentrent dans le dMteiiu.)
SCENt: VIII.
EDMOND, LE CAPITAl.NE JEAN.
Ainsi, fidèle à ma promisse, Je n'ai point trahi Ion secret; Mais tu m'enlèves ma maîtresse, Celle que mon cœur ailorait!
Avant qu'elle me soit ravie , Il faut qu'on m'arrache la vie; Tu me comprends! je suis soldat , Marchons! je t'appelle au cmiihit.
LE Capitaine, froidement.
Le fer en main j'ai luit mes preuves.
Je ne crois jias manquer de cœur; Mais après mille et mille épreuves.
Lorsque enfin je louche au bonheur.
Des biens conquis (lar mou courage Je veux jouir et faire usage...
Ainsi... fais comme tu voudras; Ami, je ne me battrai pas.
EDMOND, avec indignation.
Me refuser !
lE capitaine, froidement .
C'est mon envie!
EDMOND, de même.
Mais je suis maître de Ion sort.
LE CAPITAINE
Tu le peux I conduis à la mort Celui qui t'a donné la vie, Dénonce-moi !
EDMOND
Jamais, mais tu suivras mes pas, Nous nous battrons !
LE CAPITAINE
Nun pas!
LE CAPITAINE
Le repos après l'oiagc, La paix après les combals.
C'est la devise du sage, Et je ne me b dirai pas.
Oui, fais comme tu voudras.
Mais jo ne me battrai pas.
rUMMXD.
Quoi! tu n'as plus de courace Ouand je t'appelle au eombat ?
Redoute un nouvel outrage, Crains la fureur d'un soldat!
Viens... je t'appelle au eomlwt.
LE CAPITAl.NE.
Pour les périls, ma carrière est finie ; Je me lais honnête lioinm • et prends femme jolie ; Et désormais la verlu, les amours Vont de coneei t embelUr mes vieux jours.
EDMOND
Toi, ni'enlever .Marie!
Tu ne l'auras qu'avec ma vie.
LE CAPITAINE
Ma s ta vie est .'i moi ! de moi seul tu la tiens ! Ju t'ai sauvé , tu m'appartiens !
ENSEMBLE
EDMOND, avec fureur.
Le désespoir et la rage Arment mon cœur et mon bra=.
A ce lâche qui m outrage Je ne dois que le trépas.
Marchons I marihons 1 tu me suivras.
LE CAPITAINE, avec ijaieté. Le repos après l'orag.: , La paix après les combats , C'est la devise du sage, Et je ne me battrai pas; Non, je ne nu battrai pas, [Edmond horj de lui retire son yanl et fait de la main un geste menaçant ) LE CAPITAINE, arrêtant son bras.
C'en est trop, un tel outrage
Demande ton trépas.
Marchons, marchons, je suis tes pas.
{Ils vont pour sortir.)