SCÈNE VIII
Les précédents; MADAME DE LINSBOURG, paraissant sur le seuil de la porte de l'appartement de Mathilde.
MADAME DE LINSBOURG, 0 part. Pauvre enfant ! elle est toute tremblante; moi, je suis indignée, et c'est dans ce moment-là qu'il faut que je fasse connaissance avec son mari, avec mon neveu ; me voilà bien disposée pour une première entrevue!., (ffaut.) Monsieur de Bruchsal!
M. DE BRUCHSAL, toujoufs à table. Qui m'appelle? qui vient là?
MICHEL, apercevant' madame de Linsbourg. C'est
LE VIEUX MABI.
peiit-èire votre épouse. [A part.) Si c'est elle, ça me rassure un peu.'
MADAME DE Li.NSBOURG. Moiisicur, VOUS pouvez vciiir, on vous ntteiiil !
M. DE BRUCHSAL. Où m'attend? et qui donc"?
MADAME DE i.iNSBouRG. Eh mais! vûtrc femme.
M. DE BRucasAL. Ma femme!..
MICHEL, Iriomphant. Là, Monsieur!..
M. DE BRUCHSAL, Se hâtant de manger. Voilà, par- IjIcu! qui est trop fort. {Haut.) Je vousdem:mde pardon, Madame, je suis à vous dans l'instant.
MICHEL. Oui, Monsieur, il ne faut pas que ça vous empêche de souper.
MADAME DE LiNSBOLRG, tc regardant, et à part. Eh bien ! il ne se dérange pas; il reste tranquillement à (ahle, quand je viens l'averlir... [Haut.) Vous ne m'avez donc pas entendue, Monsieur? j'ai eu l'honneur de vous dire...
M DE BRUCHSAL, jttant Sa serviette et se levant. Que la mariée m'attendait... si vr:\iuient; mais oserai-je, avant tout, vous demander, Madame, à qui j'ai l'honneur de parler?
MADAME DE LiNSBOUKC. Je sais, Monsicur, que nous ne nous sommes pas encore vus, puisque ce malin je n'ai pas voulu assister à voire noce.
MICHEL, bas. Quand je vous le disais...
M. DE BRUCHSAL. Te tairas-tu?
MADAME DE LiNSBOURG. .Mais jc suis la tante de votre femme, la présidente de Linshourg.
M. DE BRUCHSAL. De Linsbûurg, la veuve du vieux président?
MADAME DE LiNSBOURC. Oul, Monsîeur.
M. DE BRUCHSAL. Qul avait, dit-on, épousé une femme si sévère, si prude?, je veux dire si respectable... et c'est vous. Madame, c'est vous qui venez aujourd'hui... (A Michel, lui montrant la table.) Emporte tout cela, et va m''attendre dans la chambre à côté.
MICHEL, hésitant. Monsieur, c'est que je voudrais...
M. DE BRUCHSAL, brusquement. Obéis, le dis-je...
MICHEL. Comme le mariage lui change déjà le caractère ! [Il sort en emportant le couvert.)