SCENE Yl
BETTY, STROUNN, CARILL, VICTOR, habillé en courrier il a de larges faroris et est couvert d'un manteau qu'il dépose en entrant.
sTROi'NN. Par ici! par ici! nionsicin' le messager. VICTOR. Ouf! je n'eu peux plus ; je suis bien on retard; l'ai cru que je n'arriverais jamais; je me suis perdu dans
vos montagnes.., (.1 part.) Maudit pays, pour mener une iiilrigno!
,STROi'N,\. Oh! l'accès du château n'est pas facile,
VICTOR, s'essuijant h front. A qui lo ditus-vous?
STROUNN. Surtout quand un vient pour la première fois, car je no vous ai pas encore vu.
VICTOR. Non, ce n'est pas moi (pii d'ordinaire porte les messages de .MdorJ; c'est Jakmanii, son coureur.
CARILL. Oui, M. Jakumnn, un poltron.
STROiNN. Qui est déjà venu une fois.
VICTOR. Et qui n'y re*lendr.rpasuno seconde, parce i|u'il parait que dans la dernière expédition dont on l'avait chargé, il a rencontré deux pillards, qui, lo pistolet sur la gorge, lui ont jiris nos dépêches; ce qui lui a fait plus de peur quo do mal; et depuis ce temps, c'est moi qui ai pris • sa place. {Lui donnant une lettre.) Voilà ce quo Milord mon maître m'a ordonné do vous romeltro.
STROUNN, C'est bleu... y a-t-il réponse'?
VICTOR. Je l'ignoro : lise?.
STROUNN, Usant de manière à c» que Victor seul l'entende, « Brave et lionnèlo concierge, c'est .aujourd'hui à « minuit qua Je me marie, et que tu auras la récompense « promise.» {S' interrompant.) Neuf heures viennent de sonner, ainsi ça ne sera pas long. {Continuant ) « Afin « que tout soit prêt pour la cérémonie, envoie sur-Ie- « champ à l'abbaye de gaInt-Dunslan; car, d'après le les- « tament de mon oncle, e'c»t dans cette chapelle, et non a loin de l'endroit ou ses ccndroK reposent, qu'il veut que a ce mariage eoit célébré. » {S'interrompant .) .\ Saint- Dunstan; un qu.irt de Ueue d'ici, on y enverra. {Continuant.) « Prépare en outre, au château, un excellent sou- « J>er; » ça, j'y ai déj.i songé « car j'attends cette nuit a une vingtaine d'amis intimes que j'ai invités au ban- « quoi de mes noces. Qu'ils «oient reçus dans le ch.ateau « (le Butland avec tout l'appareil et le cérémonial des a»- « cieiis seigneurs Irlandais. Que fous nos-v.assaux soient « en costume, et que le» ménestrels du pays entonnent 0 au dessert lo clwnt nuptial. » Des niénestiels! je ne connais dans le canton que Tom et Guddy, deux ivrognes, dos chanteurs excellents, à la voix près. Carill , cours à la chaumière, et amène-les ici, au château, dans leur ancien costume.
DETTï. Comment ! vous voulez qu'à une pareille heure, ce pauvre (^larill...
VICTOR. Mam'selle Belty s'y intéresse, {.ipart.) C'est bon à savoir.
sTROiNN, « Carill. Eh bien! lu n'es pas parti?
CARILL Si vraiment, j'y cours, [Il sort )