SCENE VlII
VICTOR, BETry, ensuite STROUNN.
viCTOB, à part. Qui diable cela peut-ll être? (Courant à Betty qui est assise sur le fauteuil à gauche et qui
travuitic.) Ma belle enfant!
BETTY, cfjruyée. Ah! mon Dieu ! ce monsieur, qu'est-ce qu'il a doiic'^
VICTOR. Les moments sont précieu.x; j'ai un maître qui est jjiuie, riche, géni-rcux. 11 sait que vous aimez Carill...
DETTï. Ci5mment, Monsieur, ça se sait'/
VICTOR. Et je vous réponds de votre mariage, si vous voulez l'aider dans le sien, avec la belle Malvina, qui gémit la, dans cette tour.
BETTV. Votre maître: est-ce M. Edouard'?
VICTOR. Justement; vous le connaissez'?
BETTV. Non; mais l'autre jour la prisonnière a prononcé son nom en soupirant.
VICTOR. Elle pense à nous, et elle soupire; vivat!
BETTY. Elle estdonc bien à plaindre'?
VICTOR. Autant que possible.
BETTY. Séjiarée de celui qu'elle aime'?
VICTOR. Par un tyran jaloux, c'est toujours comme ça.
BETTY. La, je m'en doutais. Et même avant de vous avoir vu, nous avions lormé, Carill et moi, le projet de les secourir.
VICTOR. Il serait vrai! 0 généreux enfants! on peut donc se Cer à Carill?
BETTY. Comme à moi-même.
VICTOR. Cela suffit, je le verrai... Mais, en attendant, répétez à la belle prisonnière que sir Edouard Acton vient ici pour la délivrer; qu'abusée par des aiiparences, elle s'est crue trahie ; mais que mon inaitre l'aime toujours, qu'il est toujours fidèle.
BETTY. Est-ce que ça peut être autrement?
VICTOR. Jamais! [On entend plusieurs sons de cor. Victor, courant à la fenêtre.) Dieu! c'est lord Fingar, entouré de ses vassaux.
BETTY. C'est lui qui vient d'arriver ; il a devancé ses convives.
VICTOR, reprenant son manteau et voulant sortir par le fond. S'il me voit, tout est perdu!
BETTï. Pas parla, vous le renconlreriez. (Lui montrant la grille.) Celte porte conduit dans la grande cour, de là dans la campagne.
VICTOR. Merci, ma belle enfant. Surtout, prévenez la prisonnière. (// sort.)
BETTY. Je m'en charge. (Second son de cor.) I STROUNN, entrant par le fond. Eh bien! que fais-tu là?
BETTV, tout éntue. Mis adieux au valet de chambre de Milord, qui vient de [lartir.
STROUNN, la regardant. Quelle émotion! Vous avez fait bien vile connaissance; que sera-ce donc quand vont arriver tous ces jeunes se gneurs, dont le seul èlat est de conter fleurette aux jeuuos fillea ! Faites-moi le plaisir d'entrer là, dans cette pièce écartée, dans le salon du Robert B. ucc, où personne n'ira vous trouver.
BETTY, à part. Et la belle inconnue, comment la prévenir?
.STROUNN, la poussant. Allons, allons, dépéchons.
BETTY, entrant dans le cabinet. Comment, mon père, vous ne vous en rapportez pas à mes principes?
STRoiNN, fermant la porte. Si, vraiment, des principis et un lourde clé ; voilà la sauvegarde de l'innocence et de la vcitu; nn second tour,