‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 404 sur 809 · CAMILLE, VICTOR, AUGUSTE, DUCROS, SCIPION, FRANVAL · texte numérisé non relu

CAMILLE, VICTOR, AUGUSTE, DUCROS, SCIPION, FRANVAL

DucRos. Vous voyez, mes amis, que je suis de parole ; et, malgré ce que m'a dit mademoiselle Camille, je viens chercher mon enseigne, ou mes deux cents francs de loyer.

M. FRANVAL. Qu'est-ce que c'est? vous ne payez pas" votre terme?

SCIPION. Oui, quelquefois, par hasard.

M. FR.\NVAL. Voyez- vous les gaillards? ils ne me disaient pas cela? Monsieur, je suis leur caution ; et j'ai sur moi une quinzaine de louis au service de mes jeunes amis.

SCIPION. .Merci, mon professeur, je vous reconnais bien là. Heureusement pour vous, nous voilà riches, et nous vous le rendrons. (.4 Ducros, lui donnant la bourse.) Tenez, farouche propriétaire, voilà le dernier argent que vous recevrez de nous, car demain nous déménageons.

DicRos. Vous nous quittez?

SCIPION. Oui, mes amis, l'oncle de Camille, notre nouveau protecteur, nous oITre chez lui, pour rien, un superbe appartement; et j'ai, sur-le-cliainp, passé bail sans vous consulter.

DUCROS. Pour rien !

AUGUSTE. Oui, monsieur Ducros; voilà un bel exemple à suivre.

Dur.Ros, à part. Diable ! jesuisfàchéqu'ilss'enaillent, surtout à cause de la petite. [Donnant un papier à Auguste et à Viclor.) Voici la quittance écrite, et signée de ma m.un.

VICTOR. Ah! mon Dieu! [Bas, à Auguste.) Dis donc, c'est l'écriture de ce matin, la déclaration anonyme.

DUCROS. J'espère du moins que j'aurai la pratique de e.'s messieurs, et surtout de Midame, peur les bas, les mitaines, et tout ce qui conceruL! la bonnclerie.

VICTOR, quia tiré la lettre de sa poche. Non pas, nous nous fournirons ailleurs; j'ai accepté votre quittance [Lui rendant la lettre.) et vous donne congé.

DUCROS. Dieu ! mon épitre de c-3 matin !

VICTOR. Que j'aurais dû reaiettre à madame Ducros.

Mais quand on est heureux, qu'on pardonne aisément!

AUGUSTE. Allons, mesamis, ne parlons pîusd'amonr; ne pensons qu'à la gloire, rappelon:-iious que nous devons romplacT un jour, [A Victor.) toi, Cirodel, (.•1 Scipion.) toi, M irjùlin et Dupuytren, et moi, B lîcl-

LA MANSARDE DES ARTISTES

dieu. Je reprends ma lyre; toi, reprends tes pinceaux, et. toi, retourne à tes malades.

M. FRANVAL. Et tant que je serai là, il n'en manquera pas ; car vous êtes de braves jeunes gens, de véritables artistes.

«cipioN, passant entre Auguste et Victor. Mes amis, la fortune nous sourit, le premier pas est fait; nous n'avons plus maintenant qu'à nous élancer dans la carrière; mais, quand nous serons célèbres, quand notre réputation sera faite, quand tous trois, riches et contents, nous nous verrons dans un bel appartement doré, rappelons-nous toujours ces modestes lambris, et les difficultés qui entourèrent nos premiers pas. (A Victor.) Et quand un jeune peintre t'apportera sa première esquisse; (A Auguste.) quand un jeune musicien le montrera sa première partition; quand un jeune confrère viendra me consulter, encourageons leurs faibles essais; seeourons--les de notre amitié, de notre bourse, de nos conseils; et n'oublions jamais que ce qu'il y a pour eux de plus difficile au monde , c'est le premier pas dans la carrière.

VAUDEVILLE

Aie : A Gennevilliers.

VICTOR

Peines, hasards, misères et souffrance.

Dans les beaux-arts, voilà comme on commence; L'orage cesse Elle ciel s'éclaircit;

Honneur et richesse, VoiU comme on unit.

SCIPION

En commençant. Racine eut une chute.

Souvent, hélas ! voilà comme on débute ; Mais le génie S'élève et s'agrandit ;

Phèdre, Athalie, Voilà comme on finit.

DOCROS.

D'un romantique à renommée immense, On prend un tome : à le lire on commence; Sur la montagne Où l'auteur vous conduit,

Le sommeil giiine.

Voilà comme on finit.

ACGCSTE.

On va grand train chez les gens de finance ; Chevaux, landau, voilà comme on commence; Puis, chose unique, Le landau vous conduit

Jusqu'en Belgique, Voilà comjne on liait.

M. FRANVAL

J'étudiai l'homme dés sa naissance, Amour, Hymen, grâce à vous on commence; Guerre assassine, Médecin érudit.

Et médecine.

Voilà comme on finit.

CAMILLE, au public.

Plus d'ine pièce avant la fin culbute; Le cœur tremlilant, voilà comme on débute ; L'ouvrage avance.

Pas de funeste bruit;

De l'indulgence.

Voilà comme ou ûait,

LES PREMIÈRES AMOURS

LES PREMIERES AMOURS

ou

Page 1