SCÈNE X
Les r-RKCÉDENTS, LAPIERRE.
LAPiERRE. Monsieur, c'est un étranger, un jeune homme qui arrive; et comme il n'y a personne pour le recevoir...
EMMELINE. Il s'agit bien deccla ; je suis bien en train de faire les honneurs.
DERVu.RE. Quel est ce jeune homme? que nous veutil? nous n'attendions personne à cette heure que M. de Rinville.
EMMELINE, à Lapievre. Et tu lui as porté ce matin la lettre que je t'ai donnée?
LAPIERRE. C'est-à-dire, Mademoiselle, c'était bien mon intention; mais j'ai rencontré ici [Montrant HinviUe.) Monsieur qui a bien voulu se charger de la porter lui-même en s'en allant.
EMMELINE, à Rinville. 0 ciel! et vous l'avez encore?
RINVILLE. Oui, Mademoiselle.
DERVIÉRE, à Lapierre. C'est lui, c'est mon gendre, et je n'étais pas prévenu ! Je cours in'habiller. (.4 Rinville.) Vous, Monsieur, je ne vous retiens plus; toi, ma fille, vite à ta toilette; songe donc! une première entrevue!
EMMELINE. Est-co eunuycux ! faire une toilette pour cevilaiu jeune homme, quejedéteste, que jene voulais pas voir ; (A Rinville.) et c'est vous. Monsieur, qui l'avez amené, qui êtes cause de tout : eh bien! tant mieux ! cela se trouve à merveille; je vais maintenant m'efforcer de le trouver aimable, de l'aimer pour me venger et pour obéir à mon père.
DERVIÉRE. C'est cela, l'obéis-ance filiale. Viens, ma fille; toi, Lapierre, fais entrer ce jeune homme et prie-le d'attendre. [Il sort avec Emmeline par la porte à gauche, et Lapierre par le fond.)