SCÈNE IIL KOULIKOF, JEAN
KOULIKOF. Quel est ce garçon?
JEAN. Un de mes ouvriers. 11 est arrivé depuis peu ; mais il est du pays.
KOULIKOF. Son nom?
JEAN. Alexis Pétérof.
KOULIKOF. Pétérof: c'est à nous... les Pétérof sont inscrits sur mon livre de ferme... 1! a bien lait de revenir; car, dans ce moment-ci surtout, je tiens à présenter à Monseigneur un état satisfaisant de ses revenus.
JEAN. Ils sont assez soignes.
KOULIKOF. Je crois bien, six mille arpents, quinze cents paysans, sans compter les dépendances, le tout en bon étal. Mais aussi, depuis trente ans que je suis intendant de cette principauté, je puis me vanter de n'être pas resté les bras croisés ; et si l'on avait tenu registre des coups de knout que j'ai fait administrer, soit par mes délégués, soit par moi-même ..
JEAN. 11 est de fait que depuis trente ans vous avez eu du mal et nous aussi.
KOULIKOF. II faut ça, quand on veut le bien de la chose. Mais dis-moi, où est ta fille Micheline?
JEAN, regardant au fond. Elle est par là dans les environs.
KOULIKOF. A propos de cela, pouri|uoi que tu ne la maries pas, ta fille Micheline? il faut me ki marier.
Aie des Scythes.
Elle est aimable, elle est jeune et gentille
Choisis parmi nos jeunes gens; Cela fera le bonheur de tn lllle.
Et ça nous l'ra des ijaysans ; Il nous en manque cncor den\ ou trois cents. Lorsque j'en vois, contre tous li-s usages. Rester garçons, ça me fait mal aux nerfs, Et j'aime avoir faire des mariages Pour augmenter le nombre de nos serfs.