‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 452 sur 809 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

JE.AN,pM(5 KOULIKOF.

JEAN. Je ne donnerais pas cette commission-là pour

cinquante copecks.

LA LUNE DE MIEL

KOULiKOF, entrant d'un air affairé, et tenant un panier à la main. Voilà, voiUi : \c me suis IcUcmciit pressé que je suis tout cii nage. {Mettant sur la table ce qu'il y a dans loiMnier.) Par l>onhcur, j'avais chez moi du llié (|iie j'ai acheté de la dernière caiavane, et j'apporte mes plus belles tasses.

JEAN, s'a-sscjjantprcs de la table. Allez, allez, monsieur Koulikof, ça n'était pas la peine. (On entend du bruit dans la chandnc à droite, et Micheline parait.)

MiCHELtNE, sortant delà chambre. Hé bien ! que faitesvous donc là? madame la comtesse s'impatiente, elle demande son déjeuner, elle demande ses gens, et elle est surtout furieuse parce que, dans son appartement, il n'y a pas de sonnette.

JEAN. Je crois bien, il n'y a là que la grosse clûclie des ouvriers.

KOiiLiKOF. Dites à m.idamc la comlesse que je suis désolé... que j'ai fait mon possible... Le petit traîneau qucje lui ai promis... le kibiek est à la porte; etquaiit au déjeuner, voici du meilleur thé,.. (/( se retourne et aperçoit Jean qui s'est mis à table, et quiboit une tasse.) Qu'est-ce que je vois là?

JEAN. Je le goûtais, vous avez raison, il est très-bon

MicHELiîiE;, Goùler au déjeuner de Madame!

KouLiKOF. Une pareille profanation ! manquer ainsi de respect! Dites bien à madame la comtesse qu'il va périr sous le bâton. (On entend appeler : Micheline! Micheline!)

MiciiEu.NE. Entendez-vous?.. Je vais la prévenir. (.'1 Jean.) Mais levez-vous donc. (Elle rentre.)

JEAN. Et pourquoi donc mc lever devant la femme d'un de mes ouvriers ?

KOULIKOF. Qu'est-ce que tu dis là?

JEAN. Que c'est elle qui nie doit le respect. Cette dame si fière et si orgueilleuse n'est point la femme du comte de Woronski notre maître.

KOULIKOF. Il se pourrait!.. (Courant à la porte.) Michel, remmenez mon kibiek.

JEAN. C'est la femme d'Alexis... un vassal de Monseigneur.

KOULIKOF. Pas possible !

JEAN. C'est Alexis lui-même qui me l'a dit.

KOULIKOF. La femme d'un vassal, et elle se p rnirt de prendre du thé, et elle se permet d'avoir faim. (.Se mettant de l'autre côté de la table, en face de Jean, et buvant avec lui. En ce momenl on erdend une <jrosse cloche.)

JEAN. Oh! mon Dieu! c'est la cloche d'alarme , le tocsin, qu'elle sonne pour avoir à déjeuner.

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