‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 482 sur 809 · BAPTISTE · texte numérisé non relu

BAPTISTE

c'est par trop tôt. Un jour peut-être,

De soi-même cela viendra ;

Mais faut au moins 1' temps d' se connaître.

CAMILLE. Quelle contenance aurai-je en présence de cet étranger?

BAPTISTE. Comme disait madame votre mère, il faut d'abord vous tenir droite, et puis lui faire des petits airs, des mines en dessous, comme font toutes les demoiselles qui veulent devenir des madames.

CAMILLE. Jamais! ça m'est impossible, j'aime mieux retourner à la ferme.

BAPTISTE. Ne vous en avisez pas, .Mademoiselle, ça

romprait le mariage, et ça ne ferait pas notre com|ite, à moi, surtout, qui ai depuis si longtemps un fameux projet.

CAMILLE. Et quoi donc?

BAPTISTE. Vous savi!z, Mademoiselle, que je suis la sagesse et la sobriété en personne, et que je ne vais jamais au cabaret, pas même le dimanche.

CAMILLE. Oui, après; je sais qu'on ne peut que le louer.

BAPTISTE. Eh bien! au contraire; les autres se moquent de moi, et parce que je ne vais pas boire avec eux, ils m'appellent ciifard, ce qui est désagréable; aussi pour rétablir ma réputation, j'ai là une idée.

Air du vaudeville de l'Ecu de six francs.

Je puis me vanter qu'elle est bonne ;

Le jour où l'on vous mariera,

C'est décide, faut (pie j' m'en donne.

Oh ! oui, Mam'sell', j' vous dois bien ça.

Pour vos hontes j* vous dois bien ça.

Depuis longtemps v'iii ipie j' m'apprête,

Et c'est en fidèf serviteur,

L' jour où vous perdrez votre cœur.

Que moi je veu\ perdre la tête.

L" jour où vous perdrez votre cœur,

Oui, moi je veus perdre la lête

{On sonne au dehors.)

Oh ! mon Dieu ! on sonne à la grille. Un jeune homme à cheval, c'est lui; c'est le prétendu.

CAMILLE. C'est fait de moi. [On sonne dans l'intérieur.)

BAPTISTE. Voilà Monsieur qui sonne. (On entend en dehors : Baptiste! Baptiste!) Voilà Madame qui m'appelle. (Oh son7ie encore.)

CAMILLE. Et moi je m'enfuis. [Elle sort.)

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