‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 486 sur 809 · M. ET MADAME DUMESNIL · texte numérisé non relu

M. ET MADAME DUMESNIL

Viens donc qu'on te présente ; Grand Dieu! quel embarras!

Elle est toute tremblante Et n'ose faire un pas.

DUCOUDBAI.

L'entrevue est touchante; Voyez quel embarras ; Elle est toute tremblante; Ils n'osent faire un pas.

CAMILLE

Grand Dieu ! (luel embarras !

Je suis toute tremblante Et n'ose faire un pas.

LA DEMOISELLE A MAUHîR.

ALPHONSE, sur le ilevrint de la scène, à (/anche. Grand Dieu! qm'l uriihiirras!

Ellu est toute tienibliiutc EL u'usc faire un luis,

TOl'S.

Grand Dieu ! (juel embarras!

M. DUMESNiL, à Sa femme. Eh Lien; avance cluiic.

MADAME Ilb'MESML. Ail Çi'l ! CaUlilk', IIC tc licilS (lulli'.

pas dans ma poche. {Ils s'avancent laus trois. Aljihonse va au-devant d'eux en fcditaid.)

ALnio.NSi-;. Mille panions du vous avoir déranges; et vous surtout, Madame, comhieii je vous dois d'excuses !

MADAME DUMESNIL. C'cst M. Alphonse de Luceval, nuire nouveau voisin.

M. DLMESiviL. C'est nous qui sommes confus; vous nous .surprenez dans un négligé...

iiicoLiLuiAi, ù jjart. (ju'ejt-cc qu'il dit donc? ils sont superbes.

M. nuMESML. Mais à la campagne, on agit sans façons; et vous nous pardonnerez de vous avoir fait attendre.

ALrniiNSE. Le temps ne m'a pas paru long, car je causais avec Monsieur, ipii faisait votre éloge.

M. DiiMESNU,. Cet excellent ami!.. Permettez que je vous présente ma fille.

ALPHONSE. Mademoiselle...

MADAME DUMESNIL, bas, à Camille.

Ain de Paris et le village.

Allons, tenez-vous comme il faut, Levez lu tt'to davantage.

•CAMILLE, 6ns.

Mais ma robe me gène trop.

ALPHONSE, à part, en regardant CamiUe.

Quelle parure! c'est dommage! MADAME DUMESNIL, lias, à Son mari.

Déjà je le vois encliahie".

ALPHONSE, la regardant toujours.

Elle serait mieux, je parie, Sans tout le mal qu'on s'est donné Pour renipècher d'être jolie.

(A part.) Et moi qui avais demandé qu'elle no fût pas prévenue; allons, on m'a manqué de parole. {Ils sont rangés dans l'ordre suivant : Alphonse, le prcviicr, à droite du spectateur; CamiUe, loin de lui, au milieu du théâtre, entre M. et madame Dumcsnil, et Ducoudrai, à gauche.)

M. DL'MESNiL, 6crs. à Sa femme. Maintenant, pour l'achever, lâche donc de faire parler ta fille, car elle n'a pas encore dit un mot.

MADAME DLMESML. Elle qul d'ordiiiairc est d'une gaieté. {lias, s'ajijjrochant de sa fdle.) Allons, ma llllo, allons, Mademoiselle, tâchez donc d'être aimahle.

CAMH.LE, de même. Je ne pcuv |ias quand on me regarde.

M. DUMESNIL, hos, à Ducoudrai. Soutiens un peu la conversation, toi qui es le parrain, et qui n'as rien à faire.

DUCOuotiAi, fi, pfîrf. Ils ont raison; si ji; ne m'en inclc pas, ils ne s'en tireront jamais; le prétendu surtout, qui a raison d'être ridie, car il a l'air ne n'être pas fort... (Traversant le théâtre et passant entre Al-

phonse el CcnniUc.) Eh hicn! jeune hoainie, comment trouvez-vous noire pays?

ALPHONSE, à part. En voilà im qui, avec son ton protecteur, me di'pl lît souverainement.

DucoL'DitAi. L'ii hou pays, n'est-il pas vrai? un .-dr pur; et iniis, vous ipii èles connais.seur... {Regardant Camille.) on y tnjuve de jolis points de vu:-\

ALPHONSE, froidement. Superhes, comme vous dites, ceux surtout dont la nature a fait tous les frais.

DucoiDnAi, à part. Est-il bète ! il ne comprend pas. {Haut.) Mais il me semble que seul, à votre âge, i!a s votre château, vous devez bien vous ennuyei-?

ALrnoNsr. Je ne m'ennuie jiimais... quand ji; suis seul.

MADAME DU.MESNiL. C'cst commc ma fille; c'est ce qu'elle me disait encore ce matin, parce qu'une bonne femme de ménage trouve toujours à s'occuper; el vous ne croiriez pas, Monsieur, que cette chère enfant fait tout dans la maison.

CAMILLE, bas.à samère. Mais tais-toi donc.

LucouDRAi. Et puis quelqu'un qui, coinine vous, a été élevé à Paris, doit aimer les arts, doux charme de la vie... Monsieur joue peut-être du violon on de la flûte?

ALPHONSE. Fort mal ; mais je cultive les arls pour moi, et non pour les autres.

MADAME DUMESNIL. C'est comiTio ma fille. Je lui ai toujours dit : Il faut avoir des talents et ne jaina's les montrer. Aussi, Monsieur, elle a dessiné dernièrement une tête de Romulus; une tête admirable, qui mériterait l'exposition. Eh bien ! personn:;: ne l'a encore vue que moi, son père et ses quatre frères : car son parrain même n'en a pas eu connaissance.

DucouDiiAi. C'est ma foi vrai, et c'est très-mal à toi.

MADAME DUMESNIL. Allons, Camille, va donc durcher Ion portefeuille, pour montrer à ton parrain.

ALPHONSE, à part. J'y suis, c'est le parrain qui e^t le compère.

MADAME DUMESNIL. Et puis, MoUSiClir, qui CSt COIl-

iiaisseur, te donnera son avis.

CAMILLE. Mais non, maman, y pensez-vous?

MADAME DUMESML. .Mais si, Mademoiselle, jo le veux. Allez chercher votre dessin, cette tète de rioimilus.

CAMILLE. Elle était aflreuse, je l'ai déchirée.

MADAME DUMESNIL, bas, à SOU mari. Elle a déchiré sa tète de Uomulus.

M. DUMESNIL, croisant ses mains d'un air de désespoir. Allons !

M.vDAME DUMESNIL. Mais au luoins tu pourrais nous faire entendre cet air nouveau; justement on est venu hier jKir hasard accordi'r la harpe.

iiucouDUAi. Ça se trouve à merveille.

CAMILLE. Ah ! mon [larrain, je vous en prie.

ALPHONSE. Je serai enchanté déjuger des lalculs de Mademoiselle; je suis seulement fâché qu'elle n'ait point en moi un auditeur plus digne de l'apprécier.

CAMILLE, à part. Dieu! qu'il a l'air moi'pieur! je n'y tiens plus; je suffoipie. {lias, à sa mi^re.) Par gràie, ne me fais pas clianter, c'est capable de me faire pleurer.

LA DEMOISELLE A MARIER

MADAMi; Dl'MESMI.. AHoilS, l'iOll IIP IKJU-i U■ll^^il.

{Wii/iint Baiilmlo qui arrice.) Par Imulu ur, vuild le (Icjijuiicr; je les uiuUrai à cùtc l'un do raulrc,

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