SCENE III
fflLORD, PAMÉLA, M.VTHÉO, ZERLINE.
Mii.ORD. Il avait l air bien ému, le brigadier. Ce Fra- Diavolo, il effrayait tout le monde.
MATUEO. Vous vous tromp^z, Lorenzo n'a peur de rien. Il a servi dans l'armée d'itjtlie avec les Français; c'est un brave garçon qui n'a qu'un défaut.
p.VMELA. Et lequel?
MAinto. Il est amoureux, et n'a pour s'établir que sa paie de soldat, et des coups de fusil en perspective.
MH.OTiD. Ce n'était pas assez pour vivre.
MATEIEO. Sans cela je n'aurais lias demandé miens. (Regardant sa fille.) Mais il faut de la raison... Allons, Zerline, serrez ces verres, ces bouteilles.
MILORD. Je bavais envie de donner du courage au.v gens du pays avec des guinées! S'avançant vers Malhéo.) Messie 1 hôtesse, voulez vous rédiger une pancarte où je promettrai de l'argent beaucoup à celui qui rapiiorterail à nous ce que nous avons perdu'?
MATHEO, se mettant à table, à droite, et écrivant pendant que Milord lui dicte ù voix basse. Volontiers.
TAMiLA, observant Zerline qui a été s'asseoir dans un coin à gauche. Miss Zeiliue pleurait'' elle avait du cliagrin'?..
ZERLINE, essuyant ses yeux. Moi ! Aladame, pas du tout.
PAMELA. Yes, je m'y connaiss;ii>^. La petite brigadier, il avait lancé à vous un regard qui disait : Oh! je vous aime beaucoup !
zi-RLiXE, effrayée. Madame!
PAMELA. Ce était bien. Ce était si joli les mariages d'inclinalion! {7"eH(frc»ienf.) N'est-ce pas, Milord? (Voyaiit qu'il ne répond pas, et avec colère.) Milord?
MILORD, de l'autre côté, occupé avec Maihéo. Vous voyez que j'élais occupé, et vous tourmentez moi. Je taisais la pancarte pour le récompense, {.i .Mathéo.) Vous avez écrit que je jiromettais trois mille francs?
PAMELA. Ce était pas assez! mettez dix mille francs. L'écrin il en valait trois cent mille! et s'il était perdu, ce était la faute à vous, qui avez voulu prendre le chemin de traverse.
MiLOHD.- Pour éviter ce cavalier si élégant qui nous suivait partout, et qui s'arrêtait toujours dans les mêmes auberges.
PAMELA. Je pouvais pas empêcher lui de faire le mémo route.
MILORD. Vous pouvez empêcher vous de le regarder et de chanter, comme hier au soir, ce petit barcaroUe qui amusait pas moi du tout.
PAMELA, avec humeur. On peut faire le musique?
MILORD. Vous faisiez pas le musique, vous faisiez le coquetterie avec lui.
PAMÉLA. Moi! le coquetterie!
MILORD. Yes, Milady : je lavais vu, et je déclare ici que je ne voulais pas.
PAMELA. Vous ne voulez pas?
MILORD. C'est-,i-dire, je voulais bien, mais je ne voulais ]ias! eiilendons-nous! {Pendant les couplets suivants, Mathéo et Zerline vont placarder en dedans et en dehors des piliers de l'auberge les affiches que Mathéo vient d'écrire.)
PREMIER COLPLLI.
Je voulais bien, je voulais bien Que l'on trouve vous très-ainiablc, Et que de loin maint fashion.ible Admire aussi votre maintien...
Je voulais bien, je voulais bien; Mais qu'en tous lieux où je passe, En lorgnant vous avec audace.
Un galantin suive vos pas.
Je voulais pas, je voulais pas; Non, non, non, non, je voulais pas, Gùddam! je voulais pas.
Je voulais bien, je voulais bien Payer les bijou\ et la soie; Et pour qu'à la mode on vous voie, Par an dépenser tout mon bi. n. .
Je voulais bien, je voulais bien; Mais moi suivre votre méthode, Mais être un époux à la mode.
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FRA-DIAVOLO
Cmiimc on en ■voit tant ici-bas, ,li' voul;iis p:is, je voulais pas; Non, non, non, non, je voulais pas, Goddam! je voulais pas.
TROISIÉMC COIPLET.
PAMÉLA
Je voulais bien, je voulais bien Etre sage et jamais coquette, El, s'il le faut, pour ma toilette Ne plus dépenser jam lis rien ; Je voulais bien, je voulais bien ; Car, par guùt et par caractère.
Je suis très-douce d'ordinaire ; Mais dés qu'on dit : Je rciij" .. bêlas! Je voulais pas, je voulais pas; Non, non, non, non, je voulais pas, Milord, je voulais pas.
MiLOBD. Ali! vous voulez pas] il faudra pourtant bien... car j'entends plus ([ue vous voyiez jamais ce marquis napolitain.
MATHEO, se levant et écoutant. C'est le bruit d'une voiture 1
Les pbécédents, puis LE MARQUIS.