‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 540 sur 809 · LE LIEUTENANT · texte numérisé non relu

LE LIEUTENANT

Pour moi, je suis le plus joyeux.

WILHEM

■Vous logerez au séminaire. *

ALFBED.

Moi, je suis le plus courageux.

WILHEM

Je vous loge cliez ma grand'mère.

GUSTAVE. Comment, chez ta grand'mère?.. ah! ah!

WILHEM. Ah! vous y serez bien!., je voudrais que VOUS y fussiez tous!

ALFRED. Hé pourquoi donc ça?

WILHEM. Ah! pourquoi?..j ai des raisons, c'est que vous êtes...

CISTAVE, te faisant asseoir. Asseyez-vous donc, monsieur le fils du bourgmestre.

WILHEM. Vousétesbicn honnêtes... c'est-à-dire, honnêtes... au contraire.

GUSTAVE. Commtnt! se plaindrait-on de nous?

WILHEM. Non pas.

AiB : Vi, ré, mi, fa, sol, la, si, ut. Je sais qu'on n'est pas plus gidaiit, . C'est tous les jours fêtes nouvelles; La musique du régiment Le soir fait danser les d'moiselles.

Tout r monde vous bénit céans, Jusques à nos bedeaux eux-mêmes.

Qui disent que depuis longlenips, Ils n'avaient sonné tant d' baplémcs !

Mais c'est justement ça qui déplaît aux jeunes gens de l'endroit.

GUSTAVE. Je vois que vous nous faites l'honneur de nous craindre.

WILHEM. Oli! pas moi... je ne vous crains pas.

GUSTAVE. Tu es donc bien sur de ton mérite?

WILHEM. Mon Dieu non; je n'ai pas une grande idée de moi, mais j'en ai une si bonne de ma maîtresse, que je gagerais bien que vous ne lui plairez jamais.

GUSTAVE. Jamais?

WILHEM. Jamais, je le parie.

GUSTAVE. Eh bien ! moi, je parie qu'en une demiheure, j'en obtiens un aveu et une déclaration.

ALFRED. Y penses-tu?

GUSTAVE. Sois donc tranquille; sans la connaître, fe suis certain que nous sommes au itiieux ensemble; ce sera quelcju'une de nos jolies danseuses.

WILHEM. Point du tout; vous n'avez jamais vu Henriette, et elle ne se soucie point de vous voir, et quoiqu'elle Idge en face de vous, elle ne vous a seulement pas fait riionueur de se mettre à safeuètre.

GUSTAVE-. Oui-da ! alors. Messieurs... il y va de notre gloire, etje raecharge de nous venger... Elle se nomme Henriette... ellle est jolie... elle est notre voisine... il ne nous faut pas d'autres renseignements.

WILHEM. Ah! que je suis bête...

GUSTAVE. Je parie vingt-cinq ducats... Eh bien ! monsieur le bourgmestre, est-ce que vous auriez déjà peur? - WILHEM. Non, certainement... j'y mettrais toute ma fortune. Je suis sur d'Henriette, et pour commencer, je vais m'éfablir là, devant sa porte, etje n'en bouge point.

ALFRED. Non pas, non pas; il faut que tu viennes avec nous, et que tu nous enseignes nos logements.

WILHEM. Allez-y tout seuls.

GUSTAVE. Est-ce que ce n'est pas à toi de les établir ? . TOUS. Sans doute, sans doute. Ali ! tu viendras.

WILHEM. Eh bien! oui, j'y vas; mais ce ne sera pas long, c'est l'affaire d'une demi-heure.

GUSTAVE. C'est un peu prompt... mais je ne vous en demande pas davantage... à votre retour, vous trouverez bien des choses de faites •

WILHEM, vivement. Je reviens tout de suite. {Il sort avec les officiers.)

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