‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 550 sur 809 · SCENE XVIII · texte numérisé non relu

SCENE XVIII

Les précédents, WILHEM.

wiLHEM, au capitaine. Monsieur le capitaine, je vous apporte...

GUSTAVE. C'est bon ; laisse-nous. Tu vois que nous sommes occupés.

WILHEM, apercevant Henriette. Qu'est-ce que je vois? mais motus !

ciSTAVE, à Henriette. Oui, Madame, j'ai pu dans ma vie avoir quelques torts avec les belles; si je suis coupable envers vous, vous me voyez prêta vous en rendre raison ; mais il n'était point nécessaire d'assemliler ces messieurs; ces différinds-li se jugent à huis clos, et n'exigent point l'appareil et la sévérité d'un conseil de guerre.

HENRIETTE. Au Contraire, Monsieur, et peut-être plus que vous ne croyez!

GUSTAVE. Que voulez-vous dire?

WILHEM, à part. Que diable ça peut-il être?

HENRIETTE^ Oui, Moiisicur, il m'en coûte de compromettre un officier qui appartient à un corps aussi respectable. [A part.) Comme il est interdit! [Haut.) Et je ne sais moi-même de quels termes me servir.

GUSTAVE, avec impalience. Enfin, Madame?..

HENRIETTE. Enfin, puisqu'il faut le dire!.. Ce matin Monsieur a voulu m'embras.ser malgré moi etabli'ssé mon mari en tr.iitre [Feignant de pleurer.) au moment où il voulait me défendre.

GUSTAVE. Moi, grand Dieu! {Tous les officiers s'éloignent de lui.) Et qui ose débiter une pareille imposture?

HENRIETTE, levont son voile. C'est moi. Monsieur.

GUSTAVE, la regardant avec étonnement: Vous, Madame? je ne vous connais pas et je ne vous ai jamais vue.

HENRIETTE. Vous nc m'avcz jamais vue?

GUSTAVE. Non, sans doute, et je l'atteste par serment.

HENRIETTE. Je n'en veux pas davantage, Monsieur; c'est tout ce que je voulais vous taire dire. Wilhem, es-tu content?

WILHEM. .Kh ! ma chère Henriette !

GUSTAVE. Henriette!

WILHEM. Oui, votre bonne fortune de ce matin que vous ne reconnaissez pas.

GUSTAVE. Ab ! .Madame, que de pardons...

WILHEM. Et moi je suis le mari blessé: mais je me porte bien, et je garde mes vingt-cinq ducats.

HENRIETTE

Air : Traitant l'amour.

Oui, d'un rtcit imposteur J'ai confondu la malice;

[A Gustave.) Mais vous me rendez justice, Et je vous rends votre lionneur.

J'ai voulu du stratagème Que vous convinssiez vous-même.

GUSTAVE

Devant votre adresse extriîme.

Ah ! je dois m'humilier.

[A Wilhem.) La sageure est bien perdue ; Une fois qu'on vous a vue.

Pourrait-on vous oublier'?

LE coLOMEL.. J'étais sùr, Madame, qu'un de mes officiers ne pouvait avoir des torts réels envers une jolie femme.

GUSTAVE. Mon pauvre Wilbeiri, je t'ai fait bien peur; mais on me l'a rendu; nous sommes quittes.

WILHEM. C'est vrai; mais comment avez-vous vu ces...

GUSTAVE, àpart. Unissez-vous, soyez heureux; {Montrant l arbre qui est au fond du théâtre.) mais ne confiez plus vos secrets au creux d'un chêne ; on pourrait encore s'en, saisir, et intercepter au passage la jarretière de la mariée.

• VAUDEVILLE

Air de M. Darondeau.

Prenez-y garde, imprudente bergère.

D'un tel malheur sacliez vous préserver : Le hasard fait glisser la jarretière.

Et c'est l'amour qui vient la relever.

LE COLONEL

Le calme enfin renait après l'orage; Mais si jamais on osait nous braver.

Si du combat on nous jetait le gage.

L'honneur est là prêt à le relever.

VILHEM

Lorsqu'en dansant j' tombe... ces demoiselles D' leurs ris moqueurs ont l'air de me braver, J' les laiss' jaser... j'en sais toujours plus qu'elles; Si j' tombe, au moins, je sais me relever.

HENRIETTE, au publie.

D' la mariée, hélas ! si la jarr'tière AUaittomber... cela peut arriver; Vous êtes .tous Français, et, je l'espère. Chacun de vous voudrait la relever.

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LE TLUS BEAU JOUR DE LA VIE

iSTOMNE. Alil je croij qu'il ratidnil une épingle. ., — Acio 1, seine 6.

LE PLUS BEAU JOUR DE LA VIE

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