SCÈNE VI
MARCEL, seul.
AIR
Les braves gens, qu'ils sont heureux I Le bon vin est leur bien suprême; Que je voudrais l'aimer de même Et tout oublier avec eux!
Mais, hélas! cl malgré mes vœux...
,CABALETTA.
Une douce image
Toujours me poursuit,
Et comme un nuage
M'approche et me luit!
Et pourtant la belle
Que j'adore ainsi
N'est qu'une infidèle
Par qui je suis trahi!
On m'avait dit : c'est dans l'ivresse Qu'on peut oublier tous ses maux !
La bouteille est une maîtresse Qui ne trouble pas le repos!
A ce remède un jour Udele, Je fis un repas merveilleux!
Puis je dormis et rêvai d'elle Pour m'éveiller plus amoureux f Mais c'en est fait, puisque dans cette vie D'un tel amour rien ne me guérira.
Peut-être une balle ennemie Me rendra ce servire-la!
Ouvrons la voile j
Courons en mer.
Comme une étoile
Traversant l'air.
Mais le flot s'ouvre.
Et tout d'abord
Mon œil découvre
Un sombre bord,
A l'abordage !
C'est l'ennemi!
Sang et carnage!
Tout a frémi !
L'airain résonne.
Le tambour bat.
Le canon tonne!
C'est le combat!
C'est le coml)at, terme de ma souffrance. Je l'attends... Grâce à lui tous mes maux vont finir. Pourquoi vivre sans espérance Quand avec gloire on peut mourir !
LA REINE D'UN JOUR