‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 651 sur 809 · L.tDY PEKINBROOK. Qu'est-ce donc · texte numérisé non relu

L.tDY PEKINBROOK. Qu'est-ce donc

d'elvas, à part, avec joie. Viendrait-on nous arrêter!

TRUMBELL Tous Ics noblcs du pays qui arrivent !..

d'elvas, tristement, à part. AJi ! que cela...

TRUMBELL. Je Ics ai tous reconnus!., ils sont là dans le salon de cent couverts à attendre Sa Majesté.

LADY PEKINBROOK . bus, à Trumbell. Maladroit!.. Vous les avez donc prévenus ?

TRUMBELL, de même. Eh! non... ils sont venus tout seuls !..

LADY PEKINBROOK. Preuve, comme je le disais, que nos aHaiies vont à merveille!.. Aussi Sa Majesté va être accablée de harangues et de demandes auxquelles je voudrais la soustraire.

d'elvas. Impossible!.. Il faut que la reine reçoive.

FRANGINE, orfemt-i'OîJf. Vous croyez?.. Et que leur dire?

d'elvas, de même. Toujours la même chose.

FRANCiNE, de même. Ce n'est pas difficile... {Ilaut.) Mais recevoir ainsi, en costume de voyage... l'on dirait |dulôt d'une giisette que d'une majesté, tant la mienne est chiffonnée... {D Klvas lui fait un signe; elle lui dit à demi-voix.) Chiffonnée .. ça se dit!..

LADY PEKINBROOK. N'est-ce que cela?.. J'ai tout prévu... 5'avais chargé la jeune fille qui est venue m'annoncer votre arrivée. .

TRUMBELL, avec fierté. Ma nièce!

LADY PEKINBROOK, Continuant. D'apporter à Votre Majesté quelque robe de cour... (.4 Simonne, qui vient de la droite, portant plusieurs cartons.) Déposez cela dans l'apparteuient de la reine... (.1 Francine.) J'y ai joint quelques coiffures à moi...

FRANCINE, à part. Qui ne m'iront jamais!

LADY PEKINBROOK, à Simonne qui est au fond du théâtre. Laissez ce carton. . (Simonne laisse un carton et porte les autres dans l'appartement à droite, et rentre un instant après.) C'est ce qu'il y a de plus nouveau... cela vient de France.

FRANCINE, vivement. Ah! voyons!.. Je vous dirai tout de suite si c'est d'un bon genre .. s'il y a du style... il

faudrait d'abord savoir de quel magasin {Vn regard

de d'Elvas l'arrête.) De quel magasm ça vient? (Peiirfanf ce temps Simonne est rentrée , a ouvert le cartoti et présente une toque à lady Pekinbrook.) QUINTETTE.

LADY PEKINBROOK, à Francine, lui montrant sa coiffure. Cette toque plait-elle à Votre Majesté?

FRANCINE, l'examinant, Mais oui, c'est fort gentil...

{À part, regardant lady Pekinbrook.) Pour une têle anglaise.

Ce n'est pas trop mal ajusté.

ladt PEKINBROOK, à Simonne.

Approchez, mon enlaiit!.. Cette jeune Française Va m'aider à vous la poser!

FRANCISE

Je la mettrai mieux seule...

d'elvas, arrêtant Francine.

On ne peut refuser Des services offerts avec autant de grâce. FRANCINE, bas, à d'Elvas.

Elles vont me coill'er de travers!

d'elvas, bas.

Dans ta place

On est toujours fort bien !

LADY PEKINBROOK, plaçant la toque sur la tète de Francine.

C'est cela, m'y voici...

{A Simonne.) Mets des épingles par ici!..

SIMONNE, s'approchant.

Quel honneur! coiffer une reine!

FRANCINE, sans la regarder.

Tâchez au moins que cela tienne!

(Jetant un cri.) Maladroite!., vous me piquez!..

siMONSE, confuse.

C'est le trouble...

LADY PEKINBROOK.

Vous répliquez!.. •

TRUMBELL, à Simonne.

Vous osez répliquer à votre souveraine!

SIMONNE, levant les yeux et reconnaissant Francine. Pardon ! . . Dieu ! qu'ai-je vu ">.. Non ! non !.. j'y croisàpeine ? C'est vous, qui... c'est vous, que ..

d'elvas et FRANCINE, la reconnaissant. '

Simonne!., quel malheur!

FRANCINE, à part.

Elle va renverser mon trône et ma grandeur!

ENSEMBLE

SIMONNE

Étrange surprise' Et que croire ici?

C'est une méprise Qui m'abuse ainsi.

Je la quitte à peine Dans sou magasin !

Et la voici reine!

Dieu! quel beau chemin!

LADY PEKINBROOK ET TRUMBELL.

D'où vient ta surprise'.' Qui t'agite ici?

C'est quelque méprise Qui la trouble ainsi.

Je respire à peine !

Cela peut enfin Offenser la reine !

Pour nous quel chagrin !

FRANCINE ET d'elvas, à part.

Fatale surprise !

Elle peut ainsi, D'un mot, à sa guise.

Tout changer ici!..

Et, quoi qu'il advienne, Renvoyer soudain Une noble reine Dans son magasin !

TRUMBELL, à Simonne.

Allons, qu'as-tu?., réponds!

LADY PEKINBROOK.

Connais-tu la princesse?..

SIMONNE, troublée.

Moi! no:i !.. oui !.. non!..

LADY PEKINBROOK.

Où l'as-tu vue, enfin?

,\ sa cour?..

SIMONNE

Ah! bien, oui!..

LADY PEKINBROOK.

Voyez quelle hardiesse!

SIMONNE

Je la vis!.

LADY PEKINBROOK.

Où cela?..

SIMONNE

Mais dans un magasin De modes...

LADY PEKINBROOK.

Quelle fable!..

Une reine modiste !

TRUMBELL.

Ah! c'est invraisemblable!

LADY PEKINBROOK.

Pis que cola!., c'est une indignité!..

d'elvas.

Vous vous trompez... car c'est la vérité!

LA REINE D'UN JOUR

TOUS

Que dit-il?., quel mystère!

Est-ce la vérité?

FRANciNE, à part.

Ciel! que dire!., et que faire!

Adieu Ma Majesté ! .

d'elv.is.

Sachez ici tout le mystère!

TOUS

Voyons, écoutons le mystère!

d'elvas.

Dans les murs de Calais, cachant son noble rang Sous le modeste habit d'une simple ouvrière, Ma noble souveraine attendait le moment

De s'embarquer pour l'Angleterre!

• FRANCINE, à part.

Le comte ment fort gentiment!

lADV PEKINBROOK.

J'en étais sûre... Une simple ouvrière N'aurait pas cet air imposant!..

FRANCINE, à part.

La vieille s'y connaît vraiment!..

THi'MBELL, à Froncine.

Daignez lui pardonner ce tort!

FRANCINE, avec dignité.

Je lui pardonne... Et d'ailleurs j'aime fort Les moilistes... Aussi, je veux en souTeraine Encourager cet art, où brillent de tous temps La constance, les mœurs, les vertus, les talents I

FRANcmE, à part.

Je l'échappe belle Pour ma dignité!

Le sort est fidèle A Ma Majesté !

Mais do la grisette.

Avec vérité.

Combien je regrette La franche gaité!

d'elvas, à part.

Nous l'échappons belle Pour sa dignité!

Le sort m'est tidèle.

Mais, en vérité, De notre grisette La vive gaité Perce sous l'aigrette De Sa Majesté.

Page 1