‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 655 sur 809 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

MARCEL, en faction; TRUMBELL, causant avec lui.

TRUMBELL. Eh bien ! mon garçon!., voilà de fameux événements!

MARCEL, s'avançant vers lui. Bien vrai?

TRUMBELL. Ro.ste doiic à ton poste!.. {Marcel se remet C;i fuclion.) Oui, mon enfant : je l'ai vue, cette grande reine, qui s'asseyait elle-même ici, sur cette chaise!

MAECEL. Diable ! je voudrais bien la voir aussi !

TRUMBELL. Ça ne tardera pas! car elle est là, dans cet appartement, à sa toilette, avec ma nièce, qu'elle a nommée demoiselle d'honneur.

MARCEL, s'avançant. Pas possible !..

TRUMBELL. Rcste donc à ton poste ! [Même jeu.) Et moi, maître d'hùtel du palais, baron de Berigoul!

MARCEL, étonné. Vous?

TRUMBELL. Comme tu vois ! et je n'eu suis pas plus fier!.. A propos de ça, mon pauvre garçon, j'ai une mauvaise

nouvelle ;i t'aiiiioiicer : lu ne jicux [ilus éjiouser ma nièce !

MARCEL. Pour quelles raisons?

TRUMBELL. La reine ne le veut pas, ni nous non plus.

MARCEL. A cause?

TRUMBELL. A cause de l'élévation de notre rang et de la bassesse du tien ! .

MARCEL. Vous!., un paitisan de Cromwell... un puritain qui voulez lég.ddé!

THuMBiLL C'est vrai!., je veux que tout le monde soit riche et grand seigneur!., voilà comme j'entends l'égalité, et comme tu n'as pas de celles-là...

MARCEL, avec colère. Eh bien! par exemple!.. (Se reprenant.) Ce n'est pas tant pour la chose... car ça m'est égal d'être marié ou garçon .. mais dire qu'en France et en Angleterre personne ne veut de moi à cause de ma fortune... il y a de i|uoi la prendre en haine!..

TRUMBELL. Et elle estcajiable dete le rendre... Mais console-toi ;lareineestexcellente,et si tu lui demandes quelquj chose, la moindre chose. . d'être chevalier ou marquis, je suis sur iju'elle te l'accordera!

MARCEL. Je verrai.

TRUMBiiLi. Et alors, sur-le-champ nous consentirons.

MARCEL. Vous èles bien bon... je vous remercie.

TRUMBELL. C'est moifjui le remercie de ta course de tout à 1 heure, et de la lettre que tu m'as apportée.

MARCEL. Il n'y a pas de quoi... Laviedie gouvernante du sliéiif ne voulait pas me la rendre... mais moi j'ai dit : Il me la faut! mon oncle Trim Trumbell veut la ravoir... ou sinon!

TRUMBELL. C'est bien!

SiARCEL. Ne vous fàchezpas, qu'elle m'a alors répondu... j'ai vu monsieur le shérif la mettre là, dans son tiroir... Elle l'en a retirée et me l'a donnée !

TRUMBELL, aoee «//"roi. Comment!., le shérif était donc rentré?..

MARCEL. Oui, sans doute !

TRUMBELL. Il l'aura lue?..

MARCEL. A|jpareniment!

TRUMBELL, fouillant dans sa poche, et en retirant la lettre. En effet!., elle a été décachetée ! ellea été ouverte...

MARCEL. Qu'est-ce que ça vous fait?., puisque vous l'avez.

TRUMBELL. Co qu'il m'importe!., ah! mon Dieu!., que devenir?.. Dis-moi, mon garçon..

MARCEL. Je ne peux pas... je, vais à mon poste .. N'entendez-vous pas!..

TRUMBELL, avec frayeur. Miséricorde! Qu'est-ce qu'il va arriver? [On entend sonner les cloches. On lire le canon. On bat le tambour. Les portes de l'apparlement de droite s'ouvrent ainsi que celles du fond. Marcel, qui s'est remis en faction, présente les armes à t'rancine, qui parait en ijramle toilette de cour, se dirigeant vers la salle du fond en donnant la main à d'Elvas. Lady Pekinbrook vient d'ouvrir les portes du fond et parait en tète de la noblesse. Tout cela sur une ritournelle très-brillante.)

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