‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 692 sur 809 · SCENE XVM · texte numérisé non relu

SCENE XVM

iMAX, BETTLY, DANIEL.

TRIO

DANIEL, tenant sur l'épaule son yrand sabre. ïïoutiens mou bras, Dieu que j'implore.

Venge l'amour et l'amitié.

[Rpçjardant son sabre.) Ce ter qui va briller encore Ne pouvait mieux ètreemplo\é.

MAX

Non, viainient, ditférons encore; Qu'entre nous tout soit oublié:

Toujours je respecte et j'honore Les jours d'un homme marié.

DANIEL, étonné.

Qui, moi, sergt-nl, moi... marié!

BETTLY, bas, à Daniel.

Dites que oui ; je vous l'ordonne.

DANIEL, vivement.

C'tst vrai, i-'estvrai; je l'avais oublié. MAX, tes regardant d'ttn air soupçonneux. Et pourquoi le caeher'? ce mystère m'étonne. BETTLT, vivement.

Plus d'une raison l'y forçait...

Des raisons de famille autant que île forlnne.

MAX

C'est différent. Alors, dites-moi donc quellr est Sa femme?

BETTLY, embarrassée.

Quoi... sa femme!

MAX, brusquement.

Il faut qu'd en ail une.

Je tiens à la voir.

DANIEL

Et pourquoi?

MAX

Je veux la voir.

DANIEL, avec embarras.

Ma femme !..

BETTLY.

Eh bien!., c'est moi

Qu'entends-je, ô ciel!

DANIEL

BETTLY.

Siltuce, et dites comme moi.

(Ba.1, à Daniel.) Ah ! c'est pour vous sauver la vie Que je vous nomme mon ipoux.

Dites comme moi, je vous prie.

Mais c'est pour rire, entendez-vous :

Oui. c'est pour rire, entendez-vous.

ENSEMBLE

DANIEL, à part, tristement.

Quoi! c'est \iour me sauver la \ie Qu'elle mo donne un nom si doux!

.M.ais ce n'est qu'une raillerie.

Et je ne suis pas son époux ; Je ne serai pas son époux.

MAX, à part.

Eli quoi! vraiment sa pruderie Se défend encor contre nous!

De résister je la défie ; Il faudra qu'il soit sou épouv.

Qu'il soit tout à fait son époux.

MAX, les saluant tous deux, Snlut alors à Monsieur, à Madame.

DANIEL, à Betthi.

Uépoudez-lui.

MAX. Quel est ce ton?

Lorsque l'on est époux et femme On se tutoie et sans façon.

DANIEL, eflVaye. i '<' Quoi! la tutoyer! .livi»

BETTLY, à demi-voix, l'y excitant.

Allons donc!

DANIEL

Si .. tu le veux.

BETTLT.

Et pourquoi non?

DANIEL

C'est tui qui le veux... Toi! ce mot charme mon âme.

MAX

Mais quand on est époux et femme, On peut embrasser son mari.

DANIEL, s'éloignant, avec effroi.

Ah! c'est trop fort... oh! que nenni!

MAX, avec colère, et portant la main à sotk sabre. Qu'ai-je enteiidu? de quelque trame Serais-je la dupe aujourd'hui?

BETTLY, vivement.

Non, vraiment, et s'il faut vous le prouver ici... {Elle s'approche de Daniel les yeux bais.<tés, l'embrasse et reprend à demi-voix.) Ah! c'est ponr vous sauver la vie Qu'ici je vous traite en époux ; Mais n'y croyez pas, je vous prie, Car c'est pour rire, entendez-vous :

Oui, c'est pour rire, entendez-vous.

ENSEMBLE

DANIEL, tristement.

Quoi ! c'est pour me sauver la vie Qu'elle accorde un baiser si doux !

Mais ce n'est qu'une raillerie. Et je pe suis pas son époux.

MAX, à part.

Eh quoi! vraiment sa pruderia Se défend encor contre nous!

De résister je la défie ; •

Il faudra qu'd soit son époux.

BETTLY.

Et maintenant, je le suppose.

De cet hymeu tous ne douterez pas.

MAX

Oh ! si, vraimeut ! et j'exige autre chose. DANIEL ET BETTLY, effrayés.

0 ciel !

MAX, montrant Daniel.

Il doit avoir des papiers, 'des contrats... Que sais-je?.. il me l'a dit.

DANIEL

Rien n'est plus véritable.

[Montrant la chambre à droite.) Je l'avais là..

MAX

Je veux le voir.

(.4 Bettly.) Qu'on me l'apporte, allez!

(Bettly entre dans la chambre à droite.) DANIEL, ^17 regardant sortir.

.Vh! plus d'espoir!

MAX

le saurai bien s'il est valable !

DANIEL, à part. Il ne l'est pas! ô sort infortuné!

r.'esl de moi seul qu'hélas! il est signé. >nx, criant à haute voix, et de manière à ce que Bettly l'entende.

Je connaîtrai, morbleu ! si l'on m'abuse. DANIEL, toujours à part.

En le voyant il va découvrir notre ruse! {Rentre Bettly, qui, les yeux baisses, présente à Max

un contrat qu'il prend de sa main.) DANIEL, à part, regardant Max, qui e.vamine le contrat. Je n'ai plus(prii mourir, pour moi tout esl liui! MAX, regardant au bas du contrat.

C'est bien : sifrué Daniel; plus bas sgné Bettly. DANIEL, avec joie.

Ofiel!

LE CHALET

BETTtï, qui est près de lui, lui mettant la main sur la bouche.

Ali! ce n'est qu'une iiise; Le contrai ne vaut rien... celui dont je diipends, Mou frère, ne l'a pas encor sijjni-...

MAX, qui pendant ce temps s'est approché de la table à droite, et a signé le contrat.

Tu mens!

{Le dotmatU à Daniel.) Tenez, tenez, mes enfants.

DANIEL, lisant.

Que vois-je? Max, sergent!

BETTLY.

Grands dieux !

MAX, lui ouvrant les bras.

C'est moi .. ton frère!

Lui!

MAX

Qui vous trompait tous deux Pour vous forcer d'être heureux.

ENSEMB-LE

DANIEL ET BtriLY.

Ah! n'est-ce pas une erreur ijui m'abuse'/

C'est un frère qui nous i.hcrit.

Oui, noire amour pardonne cetle ruse

A l'amitié qui nous unit.

MAX

Non, ce n'est pas une erreur qui t'abuse; C'est uu frère qui te chérit.

Que votre amour pardonne cette ruse A l'amitié qui vous unit.

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