SCENE Xll
Les précédents; LUCUEZIA parait, tenant A la main sa palette et ses pinceaux.
LLiCBEMA, s' approdiant de la caisse de fleurs où Stéphane a jeté sa lettre.
Quand je songe à son imprudence !..
{Elle met sa main dans le vase.) 11 a repris sa lettre!., il a raison!
Je ne l'aurais pas lue!
[A sa sœur et «ii.r autres dames ) Eh bien! cette séance!..
ANGELA
On n'attend plus que vous !
Li'CBEziA, regardant les dames qui l'ettlourent. Ali! lout autre Acléon S'estimerait heureux!..
{Regardant Léoni avec compassion ) Mais ce pauvre garçon !..
ANGELA, arec ironie.
Vraiment!., n'allez-vous pa» lo plaindre f LÉONI, à demi^voix.
Taisez-vous donc!
LliCREZlA.
Avant de commencera peiadrSj Formons d'abord le groupe principal!
{.Aux femmes.) Vous!., de cette onde pure admirant le cristal.
Et près de vous baigner assises sous l'ombrage! (.4 Léoni; le conduisant près des arbusteti à gauche.) Puis d'un reil iiidiscrcl, eiitr'ou\rant le feuillage, ActOoii... est-ce hien'^ • LÉom, à part et regardant.
Ah! c'est original!
-LÉONI
0 moment plein de charmes !
0 s|iec(acle enchanteur.
Dont je puis sans alarmes vSa\0Hrer la douceur!
i.i'tiiEziA, se mettant à peindre.
Art divin, par tes charmes, 'fun iiouvoir créaleur.
Tu bannis les alarmes, Tw nous rends le bonheur!
ANGELA, à part, regardant Léoni.
Son œil, de tant de charmes Tranquille observateur, Fait naiire mes alarmes, Mon dépit, ma fureur!
Li'CUEZiA, o Angtla.
F.l loi, ma sœur'?
ANGELA
Te suis-je nécessaire?
Hichezia.
Sans doute! j'ai besoin aussi de ton secours! Toi la nymphe Enchéris, ,\ Diane si chère! Mais ilépose d'abord ces babils de velours. Pour une chasseresse inutiles atours!
ANGELA, s'en défendant.
Eh mais! ma sœur...
LlXREZlA.
Qu'as-tu donc? je le prie, aNgeLA, montrant Léoni.
Et cet aveugle !
LCcnEZiA.
Eh bien! l'aveugle n'y voit pas!
ANGELA
On prétend (pi'il en est parfois!
LUCUEZIA.
Quelle folie!
ANGELA
Et si je VOUS disais...
LEONI, s' approchant d'elle, et à voix basse. Voulez-Tous mon trépas?
Au poignard d'un jaloux c'est exposer ma vie
Que de parler...
ANGELA, se laissant ôter sa robe de velours, que deux femmes viennent de retirer.
Alors, je ne dis rien!
{Elle parait, comme les autres dames, vêtue en robe de gaze, et s'approche virement de Léoni en lui disant :) Mais ne regardez pas!., je vous le défends bien!
ENSElunLE.
LÉONI, allant se cacher derrière le feuillage à gauche. 0 moment plein de charmes I 0 spectacle enchanteur !
Son trouble et ses alarmes Fout palpiter mon cœur!
AGTÉON.
LUCREïiA, occupée à peindre, Alt divin, pnr tes charmiis, Ton pouvoir cré:iteur, Tu bariuis los alarmes, Tu nous rends le bonheur I
AN'UFLA.
Ah! de trouble et d'alarmes ^ De dépit, do douleur, Je sens couler mes larmes Cachons-leur ma funur!