‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 706 sur 809 · STEPHANO · texte numérisé non relu

STEPHANO

Ne pouvait-il donc pas se taire'?

Maudit aveugle que je hais;

Qu'il craigne ma juste colère.

Qu'il tremble aussi pour ses secrets !

STEPHANO, se mettant à genoux devant Lucrezia. Sans nul mauvais dessein, j'éta's, par aventure. Entré dans ce salon, sans rien voir, je vous jure! Lorsque j'ai par malheur été vu...

ALDOBRANDI.

Mais par qui?

sfÉrnA^tn, montrant Léoni.

Par l'aveugle!

LÉONI

C'est faux

STEPUANO.

Ah ! vous m'avez trahi.

Chacun son tour, je vous trahis aussi !

ALDOBRANDI, 0 part, regardant Léoni.

Encore un séducteur plus peifid^' ipi'un anirc {Tirant son poignard et s'approrhant doucement de Léoni.) Démon moyeu voici l'inslant de nous servir! {.ingela pousse un cri d'effroi ; mais Léoni, qui a suivi .Aldobrandi du coin de l'œil, lui saisit la main au moment où il va le frapper, et lui arrache son poignard.)

LtOXI.

Tout beau, seigneur! mon bras, plus ferme que le v6(re. Pourrait d'uu tel essai vous fail-e repentir!

LlItREZIA ET LES FEMMES.

Quel est-il doue le téméraire Qui vient surprendre nos secrets?

Ah! pour lui, dans notre colère.

Jamais de pardon ! non jamais!

LÉONI, regardant Aldobrandi.

Vraiment, je ris de sa colère!

Calmez ce transport indiscret.

Vouî pardonnerez, je l'espère.

Quand vous connaîtrez Sion secrBt!

ALDOBRANDI.

L'audacieux ! le léniérair»!

C'est un aniaut!.. Je m'en doutais.

Et ne pouvoir, dans ma colère, Frapper ce tyran cpie je hais !

ANGELA

Dois-je ici parler ou me taire'?

Et faut-il traliii sou secret'?

(A sa sœur.) Calmez!., calmez votre colère.

C'est l'amour seul qui le guidait.

STEPHANO, regardant Léoni.

L'audacieux ! le téméraire !

Qui donc en ces lieux l'amenait?

Et pour la beauté qui m'est chère, Son cœur brùle-t-il en secret!

ALDor.iiAXDi, s'avançant près de L.éoni d'un atr menaçant ..K\\ moins, je l'espère, nous saurons qui vous êtes.

LEONI. Qui je suis?

ANGELA, se jetant entre eux. Le eonile Léoni!

LiCRtziA. Quoi! c'est vous. Monsieur! (/{('an*.) Je conçois alors qu'il y voyait très-bien.

LEONI, la regardant, ainsi qu'.ingela. Grâce au ciel. Madame...

STEPHANO, avec dépit et jalousie. C'est d'une indiscrétion!

LEONI. Non pas! {Bas, à Stéphano.) Et voici la preuve que je sais garder un secret.

STÉPHANO, prenant lalettre qu'il lui remet. Ma lettre!.. ah! grand Dieu !

ALDOBRANDI, s'avauçaut. Qu'est-ce que c'est?

LEONI. l'ne alTaire entre nous deux! Et quant à vous, seigneur, évitons, croyez-moi, le bruit et le scandale. Je ne venais point ici pour séduire voire femme, et pour vous le prouver d'uu seul mot... donnez-moi votre soeur.

ALDOBRANDI, étonué. Ma sœur!

LL'CKEZiA, vivement. Par ce moyen, vous ne vous plain-

AGTEON.

lirez plus que les amoureux vieiinent rhez vo\is pour mu faire la cour.

ALDonHANDi. C'cst juste!.. Ils iront chez Monsieur... je consens...

LÉONi. Et ce soir, au bal c|uc je Jonni;... vous viendrez vous et toutes ces dames...

LUCREZIA ET ANGEI.A. Nous acceploiis !

STEPHANO, bas, à Léoni. En serai-je?

LEONi. Cela va sans dire !

STEPHANO, à part. Quel bonheur ! j'aurai peul-èlre mon rendez-vous!

lUCHEziA. Et quant à ce malheureux tableau... je prévois maintenant qu'il ne sera jamais fini.

ALDdBRANDi. Pour(|uoi ccla '?

LiXREZlA. Où trouver maintenant un Actéon?

ALDOiiRANDi. Gela me resai'de!.. vous en aurez un, je vous le promels.

LUCREZIA. Et lequel'i'

ALDOBBANDl. Moi.

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