‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 729 sur 809 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

Les PRÉCÉDENTS, JULIANO, puis HORACE.

JULIANO. Elle est vraiment très-bie:), la petite Aragonaise, car elle vient d'Aragon... et il est heureux pour elle qu'elle soit tombée dans une maison comme la mienne... une maison tranquille... un homme seul. . {I.es regardant.) Pas aujouid'hui du moins. (5e retournant et apercevant Horace.) Eh! arrive donc, mon cher ami, j'avais une impatience de te voir!..

HORACE. Et,moi aussi.

JULIANO, à ses compagnons. Messieurs, voici des cigarettes, et si vous voulez, en attendant le souper... {Les jeunes gens se forment dans l'appartement en différents groupes, causent ou allument des cigares autour du brazero pendant que Juliano amène Horace sur le devant du théâtre.) Eh bien! tout a été à merveille... et je ne sais pas comment tu t'y es pris... car j'ai eu peur un mo;rent... Ce lord Elfort, voyant que noire conducteur se perdait et prenait le plus long, a voulu lui-même monter sur le siège... J'oubliais que les Anglais étaient les premiers cochers d'Europe... et en un instant, nous avons été à son hOtel... oii je tremblais en montant l'escalier.

HORACE. Tu étais dans l'erreur.

JULIANO. Je l'ai bien vu... et j'ignore comment vous avez fait, toi et Milady, pour rentrer avant nous; mais elle était dans son appartement... elle dormait.

HORACE. Tu te trompes.

JULIANO. Je le crois bien... elle faisait semblant.

HORACE. Mais non, mon ami, ce n'était pas elle, et la preuve, c'est que je suis resté une demi-heure encore avec mon inconnue qui s'est enfuie au piomentoù minuit sonnait à toutes les pendules.

JULIANO. Laisse-moi donc tranquille...

HORACE. Et nous avons fait un joli coup, tu peux t'en vanter... Il paraît, mon ami, que nous l'avons perdue. . déshonorée., et elle voulait s'aller jeter dans le Mançanarés.

JULIANO. Ah çà! quand tu auras fini ton histoire...

HORACE. C'est la vérité même, je te l'atteste... Je me suis précipité sur ses pas... je l'ai rejointe au bas du grand

LE DOMINO NOia.

escalier, je la rolcniis par le bras, lorsque, ilans ses efforts pour m'échapper, s'est détaché un riche bracelet que j'ai voulu ramasser, et pendant ce temps clic sVtait élancée au dehors... et là, disparue... évanouie comme une ombre... Vin? t rues différentes... laquelle avait-elle prise?

JLLiANO. Ecoute, Horace, si tu me prends pour dupe, si tu veux t'amuser à mes dépens...

BOBACE. Mais non, mon ami, voiLi ce bracelet... regarde plutôt.

JUIIANO. Il est de fait que je ne l'ai jamais vu àMilady... mais à son élégance, plus encore qu'a sa richesse, il doit appartenir à quelque grande dame... Nous avons ici le jeune Melchior qui doit se conuaitre en diamants; il ne sort pas de chez le joaillier de la cour, à cause de sa femme qui est charmante. {À Melchior.) Mon cher Melchior, Horace voudrait vous parler.

HORACE, le prenant à part. Connaitriez-vous par hasard ce joyau?

MELCHIOR. Certainement! on l'a vendu dernièrement devant moi.

HORACE. A qui donc?

MELCHIOR. A la reine.

aoBACE, à part. 0 ciel!

JiniANO, revenant prés d'eux. Eh bien? qu'est-ce?.. qu'y a-t-il?

HORACE, 6(W, à i)/e?cfttor. Taisez-vous ! {Haut, à Juliano.) Rien, il ne sait rien... il ne connaît pas. (A pari.) La reine! ce n'est pas possible... c'est absurde 1 (Il se retourne et aperçoit Angile qui tort de la porte à gauche au fond et s'avance au bord du théâtre tenant un panier de vin sous le bras et un bougeoir à la main; il pousse un cri et reste immobile de surprise.) Ahl voilà qui est encore pire !

iNÊsiLLB, apercevant Horace, C'est luil

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