‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 754 sur 809 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

Les pbécédents, ANGÈLE, sortant dû la porte à gaucho,, qui est celle de sort appartement. Elle porte le costume d'abbesse,

ANGÈLE

Mes sœurs, mes sœurs, que l'allégresse Et la paix régnent dans vos cœurs.

Que Dieu vous protège sans cesse Et vous comble de ses faveurs!

CHŒUR

Qu'elle est gentille, notre abbesse!

Qu'elle a de grâce et de douceuri

Avec elle régnent sans cesse

La douce paix et le bonheur.

URSDLE, à part.

Qu'elle est heureuse d'être abbesse!

Mais tout s'obtient par la laveur.

Et bientôt, grâce à mon adresse.

J'aurai peut-tHre ce bonheur.

{Allant à Angéle.) Ah ! Madame, combien j'étais inquiétée... Comment avez-vous donc passé la uuil?

ANGÉLE.

• Fort bien.

{Regardant Brigitte.) Une nuit assez agitée; Mais ce matin ce n'est plus rien.

URStLE.

Quel bonheur!

ANGÉLE, à /a iourière qui s'avance.

Eh bien I qu'est-ce'?

LA TOUBIÈRE.

Hélas! dans ces saints lieux Je n'avais jamais vu scandale de la sorte... Le portier du couvent qui se trouve à la porte.

URSULE

Passer la nuit dehors, c'est un scandale affreux. CHŒUR.

Ah! quelle horreur! etc.

ANGÉLE.

Un Instant .. un instant... ayons de l'indulgence.

Quelquefois, mes sœurs, on ne peut

Rentrer aussitôt qu'on le veut.

{À part.) {A la Iourière.)

Je le sais!.. Que dit-il enfin pour sa défensef

LA TOURIÈRE

Par des brigands, hier soir arrêté...

ANGÈLE, à part.

Ah! comme il ment!

LA TOURIÈRE

Par eux enchaîné, garrotté..

ANGÈLE, à part.

Ah! comme il ment !

LA TOURIÈRE

Dépouillé de ses clés et de tout son argent...

BRIGITTE, regardant les clés qu'elle a prises. Les voici ! '^

ANGÈLE, vivement et à voix basse.

Cache-les!

{Haut, et les yeux fixés sur les clés.) Je vois bien qu'au couvent Il ne pouvait rentrer... et qu'il faut qu'on pardonne.

URSULE

C'est scandaleux 1 Elle est trop bonne.

TOUTES

Ah! qu'elle est indulgente et bonne!

ANGÈLE, à part.

Et comme à lui que le ciel me pardonne! {Ici on commence à entendre sonner matines, petite cloche de chapelle.)

LA lOURlÈBE.

Ce n'est pas tout encore, et voilà qu'au parloir

Un cavalier demande -à voir Madame notre abbesse.

ANGÈLE

Impossible à cette heure.

Voici matines et déjà Nous sommes en retard... Son nom?

LA lOIIBlERE.

Massa rona.

ANGÈLE, d part.

Horace ! ô ciel 1

{Haut.)

Que dans cette demeure.

Il nous attende!..

URSULE

Eh mais ! à ce nom-là.

Madame semble bien émue.

ANGÉLE.

{A part.) Qui, moi? non pas... M'aurait-on reconnue *

{Faisant nn pas.) Et saurait-il?

URSULE, l'arrêtant et avec intention , pendant que la cloche va toujours.

Voici matines, et déjà Nous sommes en relard.

BRIGITTE, avec impatience.

Eh! mon Dieu, l'on y va.

CHŒUR

Les cloches argentines Poumons sonnent matines, Allons d'un cœur fervent Prier pour le couvent !

{Elles défilent toutes par les portes du fond, que l'on referme, et la tourière,à qui Angèh a parlé bas, reste la dernière.)

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