‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 809 sur 809 · SCENE XV · texte numérisé non relu

SCENE XV

Les PRÉCÉDENTS, DOMENICO, suivi de paisteurs gondo •

liers et se débattant au milieu de la foule.

DOMENICO, parlant à des sbires. C'est une indignité ! et vous ne pouvez l'arréler ainsi ni Ij condamner sans nous entendre!

LontDAN, s'avançant. Qu'est-ce donc?

-DOMENICO, molliront Andréa qui s'avance du fond du théâtre, enchainé et,.entouré de sbires. C'est Andréa qu'on entr.aine en prison et qui a, disent-ils, mérité la mort.

RAFAELA. 0 Ciel!

DOMENICO. Mais nous étions Ki, moi et les gondoliers que voici... nous savons comment cela s'est passé.

LOREDAN, nrcc impaiicncc. Eh! parle donc!

DOMENICO. Certainement... c'est-à-dire, nous ne savons pas comment cela a commencé, mais au moment où nuus arrivions sur la place Saint-Marc, ils sortaient tous deux de l'église en parlant Avec chaleur, et Andréa s'écriait : Le lAche n'est pas celui qui propose le combat, mais celui qui le refuse ! — Et l'aulre a répondu d'un air insolent : Je ne me suis pas batlu, parco qu'on ne se bat pas avec un infime.. Il n'avait pas achevé ce mot qu'Andréa l'a frapjié il la joue !

ANDREA, qui pendant ce temps s'est avancé. Il a tlié son épie. . moi, la mienne!..

DOMENICO. Vaillamment, en gens de bien... nous étions là, et après une lutte acharnée...

ANDREA. Il est tombé!

DOMENICO. Raide mort, sans souiller; le coup était bon!

LOREDAN. Eh! qui donc?

DOMEMCA. Malipieri!

HAYDEE, LOREDAN ET RAFAELA. 0 Cicl !

DOMENICO, arec chaleur. Et c'est pour un coup dépée comme celui-là qu'il doit être, dit-on, condamné au nom de la loi... si ce n'est pas une horreur!,.

LOREDAN, aux sbires qui veulent emmener Andréa. Arrêtez!., le jour de son avènement, le doge a le droit de faire grâce... et ce titre de doge... je l'accepte ! {Cris de joie; Andréa, dont on détache les fers, court aux pieds de Lorédan, qui le relève et lui montre Rafaëla. Puis, sans rien dire, il tend la main à Uaydée.) CHŒUR.

Que retentissent dans Venise Les clairons, le son do l'airain !

Que l'Adriatique soumise Roule aux pieds de son souverain!

Lorédan! Lorédan est notre souverain!

[Les drapeaux s'inclinent devant lui et l'on voit au fond du théâtre s'avancer le Bucentaure, qui vient aborder près du vestibule du palais. Lorédan, entouré des sénateurs, se dispose à monter sur i« vaisseau. La toile tombe.)

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