‹ Œuvres Completes de Emile Deschamps (volume 2)Chapitre 100 sur 170 · TOBIE · texte numérisé non relu

TOBIE

C'est toi, mon fils, car j'entends bien ta voix ! Que ton absence eut de jours et d'alarmes !

Ton père aveugle a des yeux pour les larmes, Larmes d'angoisse et d'ivresse à la fois.

Oh ! parle encor! — Quand je t'écoute

J'ai comme une image de toi;...

Mais tout est noir... Mon Tobie est sans doute Plus beau qu'un ange, et ce n'est pas pour moi !

Hélas I Quel baume d'Arabie,

Un seul jour, me rendra mes yeux

Pour voir les cieux

Et mon Tobie !

L'ange de Dieu, qui te ramène au port, Ne peut-il point d'une céleste flamme Percer la nuit où s'engloutit mon âme?

Car voir, c'est vivre -— un aveugle est un mort !

Mais... tes doigts touchent ma paupière.

Qui s'ouvre au feu de ton amour 1 Mon fils, je vois ! je vois ! c'est la lumière ! Tu m'as rendu la vie avec le jour !

Ma longue épreuve est donc subie I Oh l double trésor de mes yeux I

Je vois les cieux

Et mon Tobie !

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