VERSAILLES
La mer que nous teutons ne connaît point de calme; L'ouragan, sur un roc, tourmente au loin la palme, Et, d'abîme en abîme et d'écueil en écueil, C'est là qu'il faut chercher un trône ou le cercueil. Point de souffles amis, point de port, point de phare! Mais, si l'âme s'exalte et chante sa fanfare. Si l'artiste en soi-même a l'amour et la foi, Tonnerre, abîme, écueil, qu'importe? il sera roi! C'est ainsi qu'invoquant la gloire, sa patronne, Dante à travers l'orage emporta sa couronne.
Fouler le dur chemin en regardant le ciel, C'est ainsi qu'on devient Ingres et Raphaël I
Jeunes sœurs, au grand jour pourquoi rougir confuses? Vous passez au milieu du chaste chœur des Muses, Et, comme un réseau d'or couvre- deux tendres fleurs, La palette aux rayons de flamme, aux cent couleurs. D'un manteau lumineux protégera vos grâces.
Marchez, et les respects germeront sur vos traces; Marchez, et gloire à vous! et, je vous le prédi, Quand votre astre est bien loin encor de son midi. Si d'un vol obstiné vous combattez ensemble Ces brumes qu'au matin un noir esprit rassemble. Un jour, vous monterez, libres de tous hasards, Comme une double étoile, à l'horizon des arts.
Rosa, Cécilia, peut-être un jour, peut-être, Aimerez-vous à voir quelquefois reparaître Celui qui, le premier, pour vos pinceaux posa En disant : Gloire à vous, Cécilia, Rosal