LE NUAGE
{Poésie nisse. — miatlbfp)
Que dans les champs du ciel coure un nuage noir, Il s'en va de la lune éclipser le visage, Et m'obscurcir au loin mon beau chemin du soir, Et je frémis déjà, plein d'un sombre présage.
Dans notre vie, il est des nuages aussi ; Et la joie, à l'instant, se ternit et s'attriste, Quand la main du malheur sans dire : me voici. Sur le cœur stupéfait se pose à l'improviste.
Mais, chassé par le vent, fuit le nuage noir. Et, comme elle brillait, la lune brille encore; Elle argenté, là-bas, mon beau chemin du soir Et de même qu'aux cieux l'ombre en moi s'évapore.
Les nuages épais de la vie et du sort,
Âh! si du moins, le temps les chassait de son aile 1
Et si le lourd chagrin, tombé sur nous d'abord.
Ne marquait pas le cœur d'une empreinte éternelle!
Par cet hôte terrible, une fois visités, Nous le gardons toujours... mais il est une vie Sans nuage — et c'est là, vers les pures clartés, Que monte ma pensée, incessamment ravie !