A MIGNON
(Poésie allemande. — ogsthr)
Dans les cîeux qui font silence Du soleil le char s'élance.
Ah ! faut-il que dans son cours Il redouble encor mes peines Et les tiennes!...
C'est ainsi de tous les jours.
La nuit même, plus de trêves :
Je conserve dans les rêves Le secret de ma douleur; Des fantômes de nos peines
Mes nuits pleines Me rejettent au malheur.
Des vaisseaux que les vents chassent Sous mes yeux les voiles passent; Vers son port chacun s'en va; Mais au cœur il est des peines
Surhumaines Que nul vent n'emportera.
Aujourd'hui pourtant j'apprête Mes plus beaux habits de fête ; Car c'est fête pour eux tous.
Us ignorent quelles peines
Sont les miennes, Quel mystère est entre nous.
Ma pauvre âme se déchire ; Mais, voyez, je sais sourire Et montrer un joyeux front...
A quand la fête où mes peines
Et les tiennes Avec nos jours finiront?