‹ Œuvres Completes de Emile Deschamps (volume 2)Chapitre 63 sur 170 · A MIGNON · texte numérisé non relu

A MIGNON

(Poésie allemande. — ogsthr)

Dans les cîeux qui font silence Du soleil le char s'élance.

Ah ! faut-il que dans son cours Il redouble encor mes peines Et les tiennes!...

C'est ainsi de tous les jours.

La nuit même, plus de trêves :

Je conserve dans les rêves Le secret de ma douleur; Des fantômes de nos peines

Mes nuits pleines Me rejettent au malheur.

Des vaisseaux que les vents chassent Sous mes yeux les voiles passent; Vers son port chacun s'en va; Mais au cœur il est des peines

Surhumaines Que nul vent n'emportera.

Aujourd'hui pourtant j'apprête Mes plus beaux habits de fête ; Car c'est fête pour eux tous.

Us ignorent quelles peines

Sont les miennes, Quel mystère est entre nous.

Ma pauvre âme se déchire ; Mais, voyez, je sais sourire Et montrer un joyeux front...

A quand la fête où mes peines

Et les tiennes Avec nos jours finiront?

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