A MADAME DELPHINE DE GIRARDIN
La France a vu longtemps le sceptre poétique D^homme en homme transmis comme un sceptre de rois, Laissant aux filles d'Eve, heureuses de leurs droits, De la frêle beauté Tempire despotique.
Corinne, sous vos traits, du rivage italique Aborda parmi nous, plus reine qu'autrefois, Et, si la grâce encore impose mieux ses lois, Dans la France de Tart s'éteint la loi salique.
La Muse avait ses dons à demi renfermés ; Elle dotait, jalouse envers ses plus aimés, L'un d'esprit scintillant, l'autre de poésie;
Mais, désarmant, un jour, ses avares décrets. Dans la coupe où votre âme a puisé ses secrets. Sa main mêla le sel attique et l'ambroisie.