MISCELLANÉES
La poésie, hélas I n'est rien par elle-même, Tant que d'un cœur, touché de la grâce suprême. Elle n'éveille point le sympathique amour ; C'est Galatée ouvrant ses yeux de marbre au jour ; Pour qu'elle vive , il faut qu'on l'aime I
Bourges , où j'ai connu le sourire et le jour. De mes tout premiers ains ô maternel séjour, Je fus loin de ton sein jeté par une trombe , Enfant déraciné comme un frêle roseau.
Mais, n'importe où le sort doit élever ma tombe. Ma dernière pensée ira vers mon berceau.
Un avare portait ses souliers à la main
Dans ses excursions champêtres.
Un jour qu'il eût fallu des bottes ou des guêtres. Tant ronces et cailloux hérissaient le chemin,
Ce vcMinr-pieds des plus ingambes Se déchira si fort et les pieds et les jambes.
Qu'ils n'avaient plus l'aspect humain.
Ah! ahl s'écria-t-il, en se moquant des autres.
Si -cependant , messieurs les beaux , J'avais mis mes souliers, ils seraient en lambeaux
Et tout troués commes les vôtres I
Vous avez des douleurs, nous avons tous les nôtres. Madame; c'est le sort des enfants d'Eve; mais. Vos yeux souffrants ce soir ne vous feront jamais Tant de mal qu'ils en font aux autres I
MISGELLÂNÉES. 161
Un ami du progrès et de rhumanité, Un grand savant nous dit comme ii faut qu'on opère Pour avoir des enfants d'esprit à volonté...
C'est grand dommage, en vérité, Qu'il n'ait pas enseigné son secret à son père I
Les plus aimables fleurs, sous d'agrestes berceaux. Fleurissent chastement, loin de la multitude;
Les plus mélodieux oiseaux Gbantent dans la nuit calme et dans la solitude.
Pourra-t-on s'étonner qu'une sainte langueur Vous fasse rechercher l'ombre des monastères Pour répandre, dans leurs mystères.
Les parfums et les chants qui sont dans votre cœuri
Cet ouvrage en natte, humble écrin...
Voilà, sous sa triple muraille.
Madame, comme en son chagrin.
Un pauvre prisonnier travaille.
Ahl si tous vos captifs tressaient ainsi la paille, La paille deviendrait plus chère que le grain!
Un bal de charité I de la chaumière au trône,
Ces deux mots vont frapper aux cœurs, et les saisir I
Ce n'est point profaner l'aumône ,
C'est sanctifier le plaisir.
D'une main elle chante et de l'autre elle tonne ; Elle a ce qui nous charme et cb qui nous étonne. Telle est sur le clavier sa double mission : Tantôt c'est l'incendie et tantôt l'étincelle ,
Et Ton dirait une gazelle Ayant la force d'un lion.
Le parapluie, ami fidèle , ami nouveau , Ne suit pas le commun usage :
11 demeure à Técart du moment quMl fait beau, Pour se montrer aux jours d'orage.
Anna vit; mais, si Ton Insiste Pour deux témoins suivant la loi, Voilà sa mère et voici moi :
Nous existons, donc elle existe!
Quoi! Narcisse est mort aujourd'hui!.
Une grande perte... pour luil
Tes grâces, ton esprit, tout est beau, tout est neuf, Tout est divin... aussi je n'en veux rien rabattre. Les Grâces étaient trois, les Muses étaient neuf... Tu chantes, tu souris; elles sont dix et quatre!
Quand les divinités entraient dans les cabanes (La fable nous l'apprend et j'y crois un peu tard), En adorations on voyait les profanes, Et tout prenait un air de temple et de nectar. Pour vous aider, Madame, à nous venir encore, Supposez nos lambris quelque temple enchanté, Supposez le nectar en buvant notre thé...
Mais ne supposez pas surtout qu'on vous adore I