‹ Œuvres Completes De Emile DeschampsChapitre 100 sur 167 · LE JUIF-ERRANT · texte numérisé non relu

LE JUIF-ERRANT

Un Héraut.

Un Centurion.

Un Soldat Romain.

LA VIERGE MARIE

Premier Juif.

SIMON LE CYRENEEN.

Deuxième Juif.

Une Jeune Fille.

Chœurs : Les Filles des Pasteurs, Pharisiens, Soldats, Hommes du Peuple, Femmes et Enfants.

Prélude d* orchestre.

l'évangile. Parlé.

Or, ce peuple aveuglé, que son triomphe irrite, Dans l'arrêt de Jésus ne voyant pas écrite La réprobation future d'Israël, Des souffrances du Christ se fait un jeu cruel.

Ceux-là qui l'en avaient affublé chez Pilate, Arrachent de son corps le manteau d'écarlate, Dont chaque lambeau lève un lambeau de sa chair; Ils étreignent ses reins danà un cercle de fer Dont les pointes cachant leurs perfides morsures, Font pleuvoir à ses pieds le sang de ses blessures; Les cordes, qui bientôt, mourant, le traîneront, Pendent autour de lui... Puis, comme sur son front Les épines faisaient trop large sa couronne.

Pour qu'il vêtit sa robe, un groupe l'environne. Plus brutal, et d'un coup le bandeau douloureux Tombe, ouvrant sous chacun de ses dards joints entre eux

250 œUVRÉS D'EMILE DESCHAMPS.

Une plaie où le sang divin abonde encore.

De ses honteux tourments l'Homme-Dieu se décore.

A ce moment, les Juifs et les soldats romains. Pour qu'il portât sa croix délièrent ses mains. Ils la chargèrent donc sur son épaule droite.

— La trompette sonna. — Par une voie étroite Le cortège se mit en marche, et se porta Vers le lieu de supplice, appelé Golgotha. Trois cents archers venus de Gaule et d'Ibérie, S'avançaient pesamment, puis la cavalerie De Pilate; un tribun. — Enfin, le gouverneur A cheval, entouré d'une escorte d'honneur.

— La trompette sonnait à tous les coins de rue, Proclamant la sentence à la foule accourue.

En tête, un cavalier, natif du Palatin, Tenait un étendard, à l'insigne latin.

De toutes parts, croissante et l'insulté à la bouche. Grondait la multitude inquiète et farouche.

Et même des enfants, de mal faire jaloux.

Portaient pour les bourreaux des marteaux et desclo Quelques pharisiens, sur leurs riches montures. Du juste insolemment contemplant les tortures, Répandus, cà et là, dans le peuple excité.

L'encourageaient encore à la férocité.

Pieds nus, pâle, sanglant, au milieu de ces hordes. Poussé sous le bâton et tiré par les cordes, Jésus, à chaque pas, trébuche sous la croix... Mais son regard pardonne au nom du Roi des rois.

— Non loin, dit-on, en butte à des rires infâmes, Sa douloureuse mère avec les saintes femmes.

Sur le bord du chemin suivait ce fils chéri.

Conçu diviiîement et de son lait nourri.

Et toutes, à l'aspect de ces maux effroyables,

i Éclataient, sans relâche, en sanglots pitoyables. —

Ainsi marchait le Christ jusqu'à sa passion ! Ainsi marchait le monde à la Rédemption! '

Musique,

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