‹ Œuvres Completes De Emile DeschampsChapitre 132 sur 167 · REPRISE DE L'ENSEMBLE PRÉCÉDENT · texte numérisé non relu

REPRISE DE L'ENSEMBLE PRÉCÉDENT

Aassitôt après Pensemble le duc va pour porter la main sur Léonor ; Stradella s'ayance entre eux et les sépare.

STRADELLA, avec force.

Arrêtez!

LE DUC, étonné.

Stradella!

LÉONOR, à part.

Pitié! Dieu secourable!

STRADELLA, au duc. -

Oui! stradella; ton chanteur... ton rival.

LE DUC

Qu'as-tu dit, misérable!

Léonor m'appartient.

LE DUC, à part.

fureur l

Jour fatal!

ENSEMBLE

LE DUC, à part.

Un valet I un chanteur 1 quel outrage I Tous mes sens sont frappés de stupeur!

STRADELLA, à part.

Oui, l'amour a doublé mon courage!

Loin de moi l'esclavage et la peur!

LÉONOR, à part.

mon Dieul soutenez mon courage; Tous mes sens sont frappés de stupeui !

STRADELLA, avec une foreor concentrée.

La rage qui s'enflamme, S'échappe de mon âme.

Brisons un joug infâme.

Sa vie est dans mes mains; Son pouvoir, sa menace, Rien n'émeut mon audace, Je brave les destins.

LÉONOR, à part.

Je tremble au fond de l'âme I Mon Dieu! d'un joug infâme.

Sauvez la faible femme; Mon sort est en vos mains.

justice immortelle.

Prenez-moi sous votre aile, Je brave ses desseins !

LE DUC, à part.

Ah! quelle injure! quelle audace!

Crains la tempête qui s'amasse, Ta vie est dans mes mains!

A Stradella.

Traître! c'est ton jour suprême!

transport ! ô rage extrême I

LÉONOR

transport ! terreur extrême !

LE DUC

Malheur à vous, tremblez tous deux!

Haine éternelle entre nous deux I

LÉONOR

Que devenir au milieu d'eux?

C'est trop ramper! je te résiste!

Oui, l'opprimé lève le front!

L'esclave enfin s'éveille artiste, Pour repousser un tel affront!

LE DUC

Ah! c'est en vain qu'on me résiste!

Hardi valet courbe le front!

Oui, tremble, et que l'ingrate assiste Au châtiment d'un tel affront !

Le duc furieux tire son épée et se précipite sur Stradella. Celai>ci prend viTement sur la table un pistolet dont il menace le duc.

STRADELLA, au duc.

Tremblez vous-même!... arrière!!!...

Un geste, un mot, ou c'en est fait.

De la main gauche il protège Léonor.

LE DUC

Eh quoi ! ta main dans la poussière Ose tenter un tel forfait!

LÉONOR

Partons! partons I Oui, c'en est fait.

Les gens du duc heurtent contre la porte.

SPADONI et LES GENS DU DUC, en dehors.

Ouvrez! ouvrez!

Ils finissent par enfoncer la porte et se précipitent sur la scène. STRADELLA.

Vous tous 1 arrière I ou c'en est fait !

SPADONI et LES GENS DU DUC, s'arrétant effrayés.

Jour de terreur I sanglant forfait!...

Léonor s'enfuit par la fenêtre. Stradella, toujours le pistolet levé contre le duc, recule et pose un pied sur le balcon. Le duc reste épouranlé et consterné.

FIN DU DEUXIÈME ACtE.

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