‹ Œuvres Completes De Emile DeschampsChapitre 148 sur 167 · BEPPO, GINEVRA, LE PEUPLE · texte numérisé non relu

BEPPO, GINEVRA, LE PEUPLE

Voyez, voyez sa peine !

SPADONI

£hl pas tant de pitié d'un valet sans honneur! 11 a levé la main sur son maître et seigneur !

LE PEUPLE

forfait! plus d'espoir!

LÉONOR

Non, il n'est pas coupable!

C'était pour me sauver d'un lâche suborneur.

De lui!... de lui!...

Elle désigne le duc.

320 OEUVRES D'EMILE DESGHAMPS.

SPÀDONI.

Mensonge !

Oui, ce maître implacable, Jaloux de mon trésor, Insultait à ses charmes !

Et moi je Tai tenu tout tremblant sous mes armes.

LE DUC» farieax.

Traître !•••

BEPPO et GINEYRA.

Nous le jurons!

PIETRO et MIGHAEL, à Spadoni.

Et l'autre soir encor, Pour frapper Stradella tu nous donnas cet or! Le voici I...

Ils jettent ror.

LE PEUPLE

Quelle horreur!

LE DUC et SPADONI.

Par Saint-Marc, qu'on se rende !

LE PEUPLE

Rome Ta couronné! que Rome le défende l

ENSEMBLE

Eh quoi! le crime, ô ciel, jusqu'en ces murs lointains,

Menace nos destins!

Mais la vengeance en vain ramène ici tes pas.

Non, je ne tremble pas! Faut- il toujours courber la tête Sous le pouvoir qui me poursuit!

Au bonheur qui pour nous s'apprête.

De longs tourments m'avaient conduit; C'en est trop ! ah ! que rien n'arrête

Mon noble essor.

Plus fier encor !

LÉON.OR

Dieu tutélairel hélas! un avenir plus doux

Déjà brillait pour nous I Et dans ces murs sacrés l'amour proscrit d'abord Avait fléchi le sort ; Des assassins le poignard même N'osait frapper mon noble amant; Et de mon cœur le vœu suprême S'accomplissait dans ce moment..

malheur! quelle angoisse extrême!

En son pouvoir Faut-il nous voir?

LE DUC et SPADONI.

Tu croyais donc, ô misérable Nous échapper et fuir ton sort?

Il n'est pour ton crime exécrable Point de pitié, ni de remord.

Entends Venise inexorable Qui te rappelle pour la mort !

BEPPO et GINEVRA.

Ah ! quel malheur trop déplorable S'attacl^e donc à votre sort?

Non ! dans leur âme inexorable Point de pitié ni de remord.

Hélas ! leur fureur exécrable Vous poursuivra jusqu'à la mort!

ENSEMBLE

LÉONOR, BEPPO, GINEVRA, PIETRO et MICHAEL,

PEUPLE

^^!^ I Rome entière.

Heureuse et fière, Va l'adopter parmi ses fils ;

Libre d'entrave,^

Qu'enfin il brave Les coups du sort et vos défis !

De I ^qJ^^ \ amour et de sa gloire

nos 1 ™^^°^^»

Et le génie a droit de croire A Tappuî des Romains !

Aux gens du duc.

Et vous, arrière ! sur vos pas, Sans qu'on nous tue, il n'ira pas I

Oui, Rome entière,

A ma prière, Va m'adopter parmi ses fils,

Libre d'entrave,

Enfin je brave Les coups du sort et vos défis I De mon amour, ma seule gloire,

La garde est en vos mains ; Et l'innocence a droit de croire

A l'appui des Romains.

Allons, allons, et dans leurs rangs Fuyons les fers de nos tyrans.

Aux gens du duc.

Et VOUS, arrière! sur vos pas.

Je l'ai juré, nous n'irons pasi

LE DUC et SPADONI.

Quand Rome entière,

A sa prière, Va l'adopter parmi ses fils,

De cet esclave.

Ici je brave La résistance et les défis I Malgré ses cris, malgré sa gloire.

Leur sort est en | ^^^ j mains.

C'est vainement qu'ils osent croire

A Tappui des Romains !

Pour soutenir l'orgueil des grands,

Nous le prendrons { .^gQ^vn leurs rancs- Je le prendrai S J^^qu en leurs rangs,

Arrière I ne résistez pas !

Il faut qu'il marche sur nos pas !

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