‹ Œuvres Completes De Emile DeschampsChapitre 158 sur 167 · Scène et air · texte numérisé non relu

Scène et air

LE PEUPLE, regardant vers le fond da théâtre.

Silence!... amis!... là-bas qu'entends-jeî Qui vient ici?... quel bruit étrange?...

Voyons! voyons 1 c'est sur le port!

Tous en tumulte comme ils courent l...

Et cette femme qu'ils entourent...

Ah ! quel désordre et quel transport!

LÉONOR, entrant, les cheyenx épars.

Ah! quelle horrible trame!

crime infâme!

Je sens mon âme, Fuir loin de moi !

LE PEUPLE

Écoutons ! Ses accents Ont troublé tous mes sens!

LéONOR.

Si je pouvais périr pour toi!...

LE PEUPLE

Pauvre femme ! eh ! pourquoi

Ces sanglots, cet effroi?

Confiez-vous à notre foi, L^liumanité c'est notre loi I

Mon Dieu, je pleure!

Faut-il qu'il meure?

Pitié pour Stradellal pitié, pitié pour moi!

Au peuple.

Ah! pour lui la mort s'apprête, • Verrez-vous tomber sa tête?

Non, jamais... je n'y puis croire...

Tant d'amour et tant de gloire...

Ah! vos bras! vos cris! vos armes!...

Joignez-vous tous à mes larmes!

LE PEUPLE, accompagnant.

Quoi ! Venise dans ce jour, Sombre et folle tour à tour, Perdra-t-elle sans retour Tant de gloire et tant d'amour?...

LE PEUPLE, 8Hvl.

L'arrêt de mort est donc rendu?

Hélas ! hélas ! il est perdu !

Que faire pour le sauver?

La hache va se lever !

moment affreux !

Plus d'espoir pour eux!

LÉONOR et LE CHŒUR.

Mais, non! le Doge vient à nous, Il faut tomber à ses genoux I

LÉONOR

Reprise du solo.

Voyez, je pleure, etc.

LE CHOEUR

Courage, que nos secours Protègent ses nobles jours !

LÉONOR

Oui, je vois que votre âme Déjà s'enflamme :

Mon Stradella ne mourra pas.

Dites-moi qu'il ne mourra pasi

LE PEUPLE

Déjà l'horreur de ce trépas Remplit notre âme et nous inspire I N'écoutons plus que son délire I Nonl Stradella ne mourra pasI

Léonor, suivie des femmes da peuple, sort et se dirige Tsrt la prison.

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