LE PREMIER MUSICIEN
Bast! — avec deux bémols, nous pourrons, je le voi, Faire servir les airs de la noce au convoi.
Ils sortent.
Tandis que la nourrice et les deux moines sont encore agenouiUés, un rideau de nuages se lève sur le devant du théâtre. Les nuages, en se dissipant, laissent voir une place publique de Vérone. Au fond, \& portail et l'intérieur de la vaste église Saint-Paul. Le chosur absolument vide est tendu de deuil. Les cierges brûlent. L'orgue chante. Une grosse cloche sonne un seul coup, de distance en distance. Le convoi de Juliette commence. Des trompettes en deuil et divers instruments ouvrent la marche. Viennent deux files de pénitents avec des palmes et des cierges à la main; ensuite des enfants des deux sexes, vôtus de blanc, portant des encensoirs et des corbeilles de fleurs. Ils précèdent le catafalque sur lequel Juliette est portée, le visage découvert. Ce catafalque est garni de panaches blancs et d'écussons, et entouré de jeunes filles portant les cordons. — Les Franciscains de Vérone suivent le corps. Dom Laurence marche le dernier. — Enfin, après tout ce cortège, on voit Cjpulet, la signora Capulet, Paris, la nourrice, en habits de deuil, et tous les domestiques de la maison des ' Capulets et une longue suite d'amis. Pendant le défilé du cortège, l'hymne funèbre se fait entendre.
Quand le rideau de nuages est tout à fait dissipé, Baltazar, domestique de Roméo, est sur le théâtre, et regarde venir le cortège que des gens du peuple attendent devant l'église.