LA NOCE DE LÉONOR
LE SPECTRE
Allons, flambez, torches fatales!
Bruyants démons, peuplez les salles!
Grincez, frappez, aigres cymbales l
Mugissez tous, clairons de fer!
Sombre galop, ruez-vous dans la fête!
Plus fort! plus fort! — Et comme la tempête!
Il est minuit! — Sans qu'on s'arrête,
Jusqu'au matin, le bal d'enfer !
•— « Vois, je suis Mendoce, Ne tremble pas ainsi,
C'est ta nuit de noce ; C'est donc la mienne aussi !
Tournons et bondissons ! — N'es-tu pas bien heureuse, Ma Léonor, si près de moi? »
LA UARIÉE.
— Comment! Toi, là.. .Toi, mort! —Mendoce! — Nuit affreuse!.
Cette voix funèbre!... Tais-toi!
LE SPECTRE
— Jamais!
Allons, flambez, torches fatales !
Bruyants démons, peuplez les salles!
Grincez, frappez, aigres cymbales!
Mugissez tous, clairons de fer!
Sombre galop, ruez-vous dans la fête!
Plus fort! plus fort! — Et comme la tempête!
Il est minuit! — Sans qu'on s'arrête.
Jusqu'au matin, le bal d'enfer!
64 OEUVRES D'ÉMIf^E DESGHAMPS.
— Tu m*as dit : « Je t'aime, La mort n'y fera rien. »
J'en fis vœu de môme...
Je viens chercher mon bien.
Tournons et bondissons !... Prends mon anneau, chère ange, Et qu'un baiser m'unisse à toi l