Scène et air
LE PEUPLE, regardant vers le fond da théâtre.
Silence!... amis!... là-bas qu'entends-jeî Qui vient ici?... quel bruit étrange?...
Voyons! voyons! c'est sur le port!
Tous en tumulte comme ils courent I...
Et cette femme qu'ils entourent...
Ah ! quel désordre et quel transport!
LÉONOR, entrant, les chereux épars.
Ah! quelle horrible trame!
crime infâme î Je sens mon âme.
Fuir loin de moi!
LE PEUPLE
Écoutons I Ses accents Ont troublé tous mes sens I
LÉONOR
Si je pouvais périr pour toi !..,
STRADELLA. 333
LE PEUPLE
Pauvre femme! ehl pourquoi
Ces sanglots, cet effroi?
Confiez-vous à notre foi, L'humanité c'est notre loi l
LÉONOR
Mon Dieu, je pleure!
Faut-il qu'il meure?
Pitié pour Stradellal pitié, pitié pour moi!
^ Aa peuple.
Ah! pour lui la mort s'apprête, Verrez-vous tomber sa tête?
Non, jamais... je n'y puis croire...
Tant d'amour et tant de gloire...
Ah! vos bras! vos cris! vos armes!... Joignez-vous tous à mes larmes !
LE PEUPLE, accompagnant.
Quoi! Venise dans ce jour.
Sombre et folle tour à tour, Perdra-t-elle sans retour Tant de gloire et tant d'amour?...
LE PEUPLE, 8«ul.
L'arrêt de mort est donc rendu?
Hélas! hélas! il est perdu !
Que faire pour le sauver?
La hache va se lever 1 moment afifreux !
Plus d'espoir pour eux !
LÉONOR et LE CHOEUR.
Mais, non! le Doge vient à nous, Il faut tomber à ses genoux !
LÉONOR
Reprise du solo.
Voyez, je pleure, etc.
331 OEUVRES D*ÉHILE DESGHAMPS.
LE CHOBUR.
Courage, que nos secours Protègent ses nobles jours I
LÉONOR
Oui, je vois que votre âme Déjà s'enflamme :
Mon Stradella ne mourra pas.
Dites-moi qu'il ne mourra pas!
LE PEUPLE
Déjà l'horreur de ce trépas Remplit notre âme et nous inspire I N'écoutons plus que son délire 1 NonI Stradella ne mourra pas!
léonor, gaivia deg femmes da peuple, sort et se dirige Yen le prison.