SCÈNE II
Emtbb BANQUO, par ua côté opposé.
BANQUO, méditant.
Tu possèdes enfin, roi, Cawdor et Glamis,
Tout ce que les trois sœurs, devant moi, t'ont promis.
Et je crains que ton bras n'ait aidé la fortune;
Pourtant (et ce penser sans doute t'importune)
Elles t'ont dit aussi que le suprême rang
Ne serait pas transmis aux princes de ton sang.
De rejetons royaux elles m'ont fait la tige,
Si, par un infernal ou céleste prodige.
Leurs oracles déjà sont accomplis sur toi.
Pourquoi soupçonnerais-je, après ce que je voi.
Leurs avis sur mon sort ? et comment seraient-elles
Infaillibles pour l'un, et pour l'autre infidèles ?
Fanfares et timbales au dehors.
Mais silence I
Entrent Macbeth, roi, couronne en tête, aTOC Angus, Menteth et autres seigneurs. — Seyton sait.
MACBETH, à Banqao.
Voilà notre hôte le plus cher I Le convive, l'atai que nous irions chercher Au bout du monde, afin d'honorer notre fête.
Notre joie eût été sans vous trop imparfaite ! Nous donnons, ce soir môme, unisolenuel repas, Nous vous y convions, ne nous refusez pas 1
BANQUO
Je ne puis qu'obéir, et de ma gratitude Vous...
MACBETH
Bien.— N'allez-vous pas, ainsi que d'habitude, Monter à cheval ?
BANQUO
Oui, seigneur.
•MACBETH
Irez-vous loin?
BANQUO
Jusqu'au lac seulement, Altesse. — J'ai besoin D'une heure au plus. On doit m'avertir. 11 me tarde...
MACBETH
Mais ne nous manquez pas surtout.
BANQUO
Je n'aurai garde.
Fleance parait arec deux écuyers et s'approcbe pea à peu de son père qu'il venait chercher.
MACBETH, retenant Banquo.
Nos cousins sont allés cacher leur front maudit, L'un en Irlande, et l'autre en Angleterre. — On dit Que niant leur forfait, aux campagnes crédules Us s'en vont débitant des fables ridicules. Nous en reparlerons. — Fleance*, je vois, vous suit?
BANQUO
Toujours !
MACBETH
Au revoir donc, tous, deux avant la nuit.