‹ Œuvres complètes de Émile Deschamps (volume 3)Chapitre 19 sur 167 · DEUXIÈME ASSASSIN · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ASSASSIN

Altesse, vos discours ont levé tous nos doutes.

MACBETH, des papiers è la main.

Maintenant, avez-vous, quand nous vous les montrons,

Un cœur si patient qu'il souffre tant d'affronts ?

Une extrême douceur pour des rigueurs extrêmes ?

Acceptez-vous ce sort? Sentez-vous en vous-mêmes

L'héroïsme pieux, la sainte humilité

De prier pour cet homme et sa postérité.

Lui, dont le bras puissant, sous qui tout tremblect taiabet

A courbé votre tête au niveau de la tombe.

MâCBëTH. 01

Et VOUS et vos enfants, d*anathèmes chargés.

Vous a dans la misère et l'opprobre plongés ?

PREMIER ASSASSIN

Àh ! seigneur, tout flétris d'une longue indigence,

Nous n'avons dans le cœur qu'un besoin : la vengeance;

£t vous voyez en nous de misérables gens

Tellement irrités des mépris outrageants

D'un inonde qui nous prend pour des hommes à peine.

Que nous comptons pour rien son amour et sa haine ;

Si navrés de ne voir que des yeux ennemis.

Si las du vil état où le sort nous a mis.

Que notre unique espoir, notre plus chère envie,

C'est, après tant de maux, de içettre notre vie

Sur le premier hasard facile à rencontrer,

Qui puisse la changer... ou nous en délivrer.

MACBETH

Banque !... vous croyez donc, dans votre conscience, Qu'il est votre ennemi?

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