‹ Œuvres complètes de Émile Deschamps (volume 3)Chapitre 37 sur 167 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

CAPULBT, PARIS.

PARIS, retenant Capulet qui suirait le prince.

Une minute, Noble Capulet.

CAPULET

Comte, eh! mais, mille pardons, L'ordre du prince...

PARIS

Un mot, et nous nous y rendons.

Tout le monde est peiné de ce nouvel outrage Que deux hommes d'honneur, deux hommes de votre âge. Se sont fait l'un à l'autre, et c'est grande pitié De vous voir endurcis dans cette inimitié.

Mais avec mon amour votre intérêt commande Que je vous renouvelle aujourd'hui ma demande; Votie maison peut-être a besoin de soutiens; Le prince est mon parent, seigneur, et si j'obtiens La main de votre fille...

CAPULET

Une offre aussi flatteuse, Paris, ne peut avoir de réponse douteuse.

Mais je répète ici ce que j'ai dit souvent :

Juliette est bien jeune, elle sort du couvent. Ne connaît pasie monde et peut attendre encore. A peine l'avez-vous entrevue, et j'ignore Si votre cœur sait bien lui-même ce qu'il veut.

PARIS

Un moment a suffi. Je Taime, et rien ne peut, Croyez-moi, de projets faire changer mon âme.

Tous deux dous connaissons plus d*une heureuse femme Qui n^avait pas son ftge en prenant un mari.

GAPULET.

Mais combien dont l'éclat dans sa fleur s'est flétri I Je n'ai que cette enfant ; tout bonheur nous vient d'elle, Et toute crainte encor. Si d'un amour fidèle Vous vous sentez Taimer, faites-lui votre cour. Son choix sera le mien; — avant la fin du Jour, Sa mère, par moi-même apprendra la demande, Qui nous est, cher Pftris^ une gloire bien grande. Je dois donner, ce soir, la fête, où nos amis. Sous le masque joyeux, tous les ans sont admis. Viendrez- vous? l'entrevue y sera moins gênée.

PARIS

Mon service au palais prend toute ma journée, Mais je m'échapperai, ne fût-ce qu'un instant. Vous me comblez.

CAPULET

Allons, le prince nous attend.

ns sortent tons doux. — Meroutio et BenTolio entrent par nn antre côté.

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