‹ Œuvres complètes de Émile Deschamps (volume 4)Chapitre 107 sur 164 · LA FILLE DES MUSES · texte numérisé non relu

LA FILLE DES MUSES

« Reine de la terre et de l'onde.

Divine Impératrice, auguste sœur, salut!

Je me prosterne avec le monde Au bruit de tes clairons... mais je garde mon luthl

Qui sait si les guerriers sauvages, Sombre ouragan poussé vers l'astre des Césars,

N'arrêteront pas leurs ravages.

Enchaînés par la grâce et vaincus par les artsi

LA LAMPE. 193

Et si ma couronne de roses Ne sera pas vivante et toute fraîche encor,

Quand, sur la pourpre où tu reposes, Le temps aura rongé ton diadème d^or. »

LA LAMPE

La lune, sur les pas des heures, Au trône dés nuits va s^asseoir, Et le sommeil dans nos demeures Descend avec Tombre du soir.

Des longs plis de son vo ile il touche Vos beaux yeux, à demi fermé?, La lampe est près de votre couche...

Elle veille et brûle ; — dormez I

Si, dans la nuit, Taile d'un songe En s'enfuyant rouvre vos yeux :

« Ahl direz-vous, reviens des cieux, Reviens à moi, riant mensonge, La lampe veille et brûle encor. »

Et, couronné de pourpre et d'or, Demain, quand, sur son char d'opale.

Remontera le roi des jours, Vous la reverrez faible et pâle.

Mais veillant et brûlant toujours!

Puisse alors une voix secrète

A votre cœur parler tout bas

D'une flamme ardente et discrète

Et que les ans n'atteindront pas!

Soit que, dans l'orgueil de vos charmes.

Vous regardiez, sans voir ses larmes, •

194 QEUVUES D'EMILE DESCHAMPS.

Celui qui n^ose vous nommer, Ou soit qu^à vous-même ravie, Vous abandonniez votre vie Au douloureux bonheur d'aimer I

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