LA STATUE
{Poésie rtute. — miatlbpf)
Statue, oh I que te voilà belle I Et mon âme est pleine de toil C'est bien là, c'est justement celle Que je m'imaginais pour moi.
Que je sculpte dans ma pensée.
Que je caresse en mon sommeil...
Et qui se pâme, caressée.
Bien longtemps après mon réveil !
Car ce n'est pas d'hier, va, que tu m'es connue!
Déjà par ton fantôme ou mon rêve abusé,
Déjà, plus d'une fois, j'ai, malgré toi, baisé
Ton sourire innocent, ta gorge demi-nue ;
J'ai pressé ton corps vierge entre mes bras amants;
J'ai joué, sans te craindre, avec tes pieds charmants.
Oh l si je pouvais donc trouver... si je devine Un moyen d'animer cette forme divine Et de verser en elle un de ces purs amolirs Tout semblable à celui qui m'enivre et me tue...
84 GECYRES D*ÊMILE DESCHAMPS.
Insensé! je me perds en stériles discours!
Mon destin est d'aimer, d'adorer la statue, Le sien est de rester un marbre froid toujours!