‹ Œuvres complètes de Émile Deschamps (volume 4)Chapitre 47 sur 164 · DÉLIRE · texte numérisé non relu

DÉLIRE

Je l'aîme pour le doux satin Et Tivoire de son épaule, Où ses cheveux bruns, le matin.

Roulent comme les pleurs du saille.

Je l'aime pour sa jeune voix.

Et pour son haleine, plus fraîche Que n'est le duvet de l|i pêche, Le souffle printanier des bois.

Je Taime pour ses pieds de biche, Pour ses bras dorés, éclatants.

Qui feraient un collier plus riche Que tous les colliers des sultans; Pour son corps de Circassienne, Pour ses yeux, saphirs du sérail.

Et pour sa bouche de corail Qui me disait : non... sur la mienne !

Et pour son délicat profil ; Pour son front, beau lys qui se penche; Pour sa joue, une fleur d'avril.

Rougissant sur la neige blanche ; Pour sa narine , qui soudain, Comme une aile encor retenue.

S'enfle d'amour ou de dédain, Au gré d'une brise inconnue...

Loin de lui, si mes deux genoux Pressent jamais les tiens, chère ange, « Ah I te dirai-je, trompons-nous !

La vie est un mystère étrange!

On subit plus d'un joug vainqueur; Qui sait où l'amour nous emporte!...

Ton baiser, tofa baiser I — qu'importe S'il n'entraîne pas tout ton cœur! »

106 OEUVRES D*ÉMILE DESGHAMPS.

SYMBOLE {PoéHe allemande, — jkan-paul bicbtbr)

Les colombes, dit-on, se baignent avec joie Dans les grands lacs d'argent, afin d*y voir nager

LMmage des oiseaux de. proie.

Qui, sur leur tête, en vain, font planer le danger. Pourquoi Toiseau du foudre et le vautour des tpmbes Ne glisseraient-ils pas, eux-mêmes, sur les flots, Afin d'y voir passer, en suaves tableaux.

L'ombre fuyante des colombes?

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