LE DOGUE
Voyez ce dogue en feu; l'ardente hydrophobie,
Empruntant ses fureurs aux tigres de Nubie,
Presse ses flancs ; il fuit. — Ses yeux rouges, hagards,
Jettent autour de lui leurs sinistres regards.
Il mord son maître, et passe ; et sa gueule écumante
Multiplie en fléau le mal qui le tourmente.
La soif aux bords du lac le pousse tout sanglant,
11 voit l'onde et s'irrite et se roule en hurlant... —
Mais qu'un serpent sorti de la forêt profonde
Le perce de son dard où le poison abonde,
Les venins ennemis luttent, rivaux affreux,
£t dans ses flancs calmés se détruisent entre eux.
i4ô OEUVRES D'ÉHILE DESCHÂMPS.