LUCINDB, GÉRONTE, LÉANDRE, JACQUELINE
Monsieu, v'ià Votre fille qui veut un peu marcher. —
SGANARELLE
C'est faire Ce qui lui fait du bien. Monsieur l'apothicaire, Allez-vous-en là-bas tâter un peu son pouls Afin que dans un temps j'en raisonne avec vous.
SganareUe tire Géronte dans nn coin da théâtre et lui passe un bras sur les épaules, poar Tempécher de tourner la tête du côté où sont Lucinde et Léandre.
Monsieur, c'est un très-grave et très-subtil problème
Entre les docteurs; c'est la question suprême,
Vitale, de savoir si les femmes sont plus
Faciles à guérir que les hommes. — J'exclus
Les citations, mais — suivez bien, je vous prie, —
Les uns vous disent : oui; d'autres : non; et je crie,
Moi : non et oui, d'autant que l'incongruité
Des opaques humeurs, qui toujours ont porte
Sur le tempérament naturel de la femme.
Étant cause, d'après l'effet du corps sur l'âme.
Que la part animale agit trop fortement
Contre la sensîtive, on tire l'argument
Que l'inégalité de leur avis s'explique
Par le cercle changeant du mouvement oblique
De la lune, et semblable au soleil qui répand
Et darde ses rayons d'où la chaleur dépend.
Sur la solidité convexe de la terre;
Puis, pompant un amas de brume délétère.
Prend...
LUCINDE, à Léandre.
Non, je ne suis point capable de changer De sentiment.
GÉRONTE
Voilà — qui pouvait y songer!
Oui, ma lille qui parle'l — puissance adorable. Du remède. docteur! médecin admirable!
Miracle de savoir, qui confond la raison!
Combien je vous bénis de cette guérison Merveilleuse I et comment payer!...
SGANARELLE, se promenant sur le théAtre et s^éTentanl
avec son chapeau.
Voilà, j'espère.
Un mal qui m'a donné de la peine!
LUGINDE.
Oui, mon père, J'ai recouvré la voix et la parole; mais, Pour vous dire, très-haut, que je n'aurai jamais D'autre époux que Léandre, et qu'il faut qu'on renonce A me vouloir donner Horace.
GÉRONTE
Mais...
LUGINDE.
J'annonce Que rien n'Sbranlera le parti que j'ai pris.
GÉRONTE
Quoi?...
LUGINDE*
Vous m'opposeriez en vain larmes et cris.
GÉRONTE