‹ Œuvres complètes de Emile Deschamps (volume 5)Chapitre 142 sur 159 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

♦ ANGÉLIQUE, CLITANDRB et CLAUDINE assis dans le fond du théâtre* GEORGE DANDIN, à demi déshabillé, LUBIN.

GEORGE D AND IN, à part.

Ma femme s^est glissée en bas, et j'ai vêtu Quelques habits, afin de descendre après elle, Rien ne m'étonne plus dans une demoiselle.

Tout moitié sommeillanjt j'ai clairement ouï... Mais où donc peut-elle être?

LUBIN, cherchant toujours Claudine.

Eh bienl Claudine.

Prenant George Dandin pour Claudine.

Ah! oui.

Te voilai par ma foi, ton maître joue un rôle Fort plaisant, et ceci me paraît aussi drôle Que ses coups de bâton, dont tu m'as fait récit. Ta maîtresse à qui tout pour le mieux réussit. Dit qu'il ronfle à présent comme un diable; il ignore Ce dormeur, que pendant qu'il ronfle, elle est encore Avec le vicomte ; ah I je voudrais bien savoir Quel songe il fait. — La chose est très-risible à voir. De quoi s'avise-t-il après tout, de prétendre Posséder seul sa femme? il est un sot. — Clitandre Lui fait bien trop d'honneur. Eh! tu ne parles pas, Claudine! Es-tu malade? Allons, suivons leurs pas. Et me donne, en marchant, ta petite menotte.

Que je la baise! Ah! Dieu qu'elle me ravigote! Il me semble manger des confitures, vrai !

k George Dandin, qu'il prend toujours pour Claudine, et qui le repousse rudement.

Tubleu! comme on y va. Voici, je Tavoûrai, La petite menotte un peu changée et rude.

Qui va là?

^ÎEORGE DANDIN. 3«>

LUBIN

Personne.

GEORGE DANDIN

Ouf! — J'ai donc la certitude D'un désordre nouveau de ma coquine. Allons, II faut que les parents viennent sur ses talons, Et que cette aventure, accablant Tinfidelle, Soit publique et me serve à me séparer d'elle. Envoyons-les quérir. — Holà! Colin, Colin!

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