‹ Œuvres complètes de Emile Deschamps (volume 5)Chapitre 85 sur 159 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Lbs Mémbs, BLVIRB, en yoile blanc; elle est ^aye et triste et ya droit à don Joaa, à travers les femmes qui l'entoarent.

ELVIRE

Je viens encore Dans ta Gomorre, Et je fimplore, Mais c'est pour toi.

Ame félonne.

Je te pardonne, Car Theure sonne...

Écoute-moi!

DON JUAN

Qu'est-ce donc? Quoi?

DON JUAN. 179

EL VIRE, se mettant aux genoux de don Juan.

Je ne réclame Point de votre âme La sainte flamme Que vous juriez...

DON JUAN, d'un air moqueur.

Que vois-je?... En grâce, Que je t'embrasse!

Debout ! ma place Est à tes pieds.

ELVIRE

Ah ! peux-tu rire De mon martyre?

DON JUAN

* Moi,^dis-tu, rire?

Je n'en fais rien.

LEPORELLO

Mais c'est étrange.

Je pleure et mange!

DON JUAN

Tu veux, mon ange?...

ELVIRE

Que ton cœur change.

DON JUAN, se moquant toujours.

Brava! fort bien!

ELVIRE

sacrilège!

DON JÙAN, lui présentant un verre.

Vous oflfrirai-je

De prendre un siège

Auprès du mien?

ENSEMBLE

ELVIRE, indignée.

Va, le ciel gronde;

180 ŒUVRES D'EMILE DISSCHAMPS.

Suis dans ce monde Le cours immonde De tes forfaits.

LEPORELLO

Que Dieu nous aide!

S'il ne lui cède, Plus de remède.

Sourd à jamais!

DON JUAN, se levant, une coupe & la main.

Aux Castillanes !

A mes sultanes, Aux nuits profanes De mon palais I

Elvire va pour sortir ; mais apercevant la statue par la porte grillée du côté gauche, elle rentre en pouSsant un cri et se sauve par la droite en traversant la scène.

ELVIRE

Ah!

DON JUAN

Quel cri s'est fait entendre?

A Leporello.

Cours et reviens me l'apprendre.

LEPORELLO, à la porte, criant.

Ah!

Quelle infernale esclandre!

Saurai-je la vérité?

LEPORELLO, revient effaré.

Ahl seigneur, par charité.

N'allez pas de ce côté.

L'homme de marbre qui passe!...

L'homme blanc!... mon corps se glace ; Si vous voyiez cette face!

Écoutez ce qu'il fait là :

Ta, ta, ta, ta.

11 marche comme la statue.

DON JUAN. 181

DON JUAN

Quelle est donc cette grimace?

LEPORELLO

J-cl) I3i) l£l) vSi»

DON JUAN

Dans quel accès te voilà! .

On entend frapper plus fort.

LEPOREÈLO.

Ah! maître!

DON JUAN

On frappe à la porte, Ouvre.

Je tremble.

DON JUAN

Qu'importe?

Ouvre, dis-je.'

LEPORELLO

Et s'il m'emporte?

DON JUAN

Qui frappe donc de la sorte ?

Moi-même, je vais ouvrir.

LEPORELLO, se cachant.

Pourvju que sa face morte N'aille pas me découvrir î

Don Juan prend son épée sur le sofa, saisit un flambeau à deux bougies et sort par la porte de gauche. Quand il rentre, il a jelé son épée ; ses traits sont décomposés ; il précède la statue en l'éclairant. Danseuses, musiciens, serviteurs tombent la face contre terre; les lumières s'éteignent. Un épais brouillard descend et voile tout le fond du th^Àtre, où sont tombés les assistants. Don Juan, la statue, Leporello, restent seuls visibles au milieu de ce brouillard fantastique.

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