SCÈNE XI
Mada^ib de linières, CLAIRE, MAURICE, YVONNE, dans le fond, déyorant ses larmes.
GLAIRE, suivant des yeux Yvonne et l'étranger. Là, l'espérance peut-être... (se retournant yers Yvonne.) et
là le désespoir.
(a madame de Linières.)
Je lui ai donné la lettre fatale.
TOOT ARRIVE. 273
YVONNE, B^avançant arec une noble résignation.
Non, ma bonne Claire, non, madame, ce n'est pas le désespoir. Mon cœur change avec la fortune. J'ai vécu toute une vie dans un instant. Le ciel m'ôte des biens qui me rendaient vaine, légère, impertinente, et me donne, avec la pauvreté, la simplicité du cœur, l'esprit de compassion pour le malheur, et la bienveillance pour tous. Je me sens aussi bonne que j'étais mauvaise... Je pleure sur vous seules qui méritiez toute votre prospérité... Et si mon père sauve son honneur ■ — et il le sauvera! — si vous me conservez une place dans votre cœur... j'aurai gagné beaucoup à toutes les rigueurs du sort. — Ah! madame, grâce pour mon père ! pitié pour lui I
MADAME DE LINIÈRES, à Yvonne et à Claire.
Venez dans mes bras, mes deux enfants I
(Elles restr-nt toutes trois embrassées.) MAURICE.
Ah! mon Dieu ! mon Dieu! que je voudrais donc être dans ce tableau 1
MADAME DE LINIÈRES
Donne-moi ta main, mon pauvre Maurice!
(Maurice se prosterne en pressant la main de madame de Lini5res. — A ce moment rentrent l'étranger, Frangois et Céleste, la joie et l'attendrissement dans les yeux.)