SCENE VII
Les MÊ.MES ; MOUTONXET pasiaat sa tèle par uno ouverture Je In loile.
MOLTONNET.
Il n'y a pas de danger, bon !
(il saute.) JEANNETTE.
Tiens, coninic il saute bien !
JAViiTTE.
Oui, il me t'ait relïet d.3 l'arricnnc do Franconi. A la -bonne heure, j'aime mieux Y plumage de c't oiseau-là que celui de ion M. CmLîlle...
JEANNETTE, à Moulonnet.
l'ourquoi n"entrais-tu pas?
MOUTONXET.
Dame ! je n'ai pas été élevé a être hardi.
Mit : Ma belle est la belle des belles. {Arlfiiuin miisurdi
Je n" sais jamais ce qu'il faut faire, S'il faut rester ou s'en aller.
Je n' sais pas quand il faut se taire, Jô n* sais pas quand il faut parler, Et depuis six mois qu'auprès d'elle L'amour, litMas ! me tourmentait.
LES IJAINS A I.A PAPA 2t
J' n'en saurais rien si mad'nioisclle N' m'avait pas aiipris iiu' (•■en ctnil.
J'ai eu assez d' mal à arriver, il m'a fallu franchir un bateau de blancliisseuses et après cela passer par-dessus deux, ijrands bateaux de cliar!)on.
JEANNETTE
Pauvre Moutonnel!...
MOUTONNËT.
Dame! l'amour fait passer par-dessus tout... Mais v'ià-t-il pas que le maître du bateau, un grand, se met à courir api es moi, en criant au voleur, il croyait que je voulais emporter son bateau... alors je lui ai donné tout doucement un pelil coup de poing dans l'estomac pour le faire taire.
JAVOTTE
Kh bon, ça l'a-t-il fait taire?
MOUTONNET
Non, ça l'a fait tomber, et en mo sauvant, j'ai rencontré deux de ses garçons qui accouraient au secours, et quoique je les aie heurtés Je la manière la plus douce possible, ça ne les a pas empêchés de tomber dans l'eau, tous les deux,, tout doucement. .
JEANNETTE
Ah ! mon Dieu !
MOUTONNET
Moi, j'ai toujours continué à fder doux ; mais v'ià qu'en sautant sur ce bateau-ci j'ai écrasé, tout doucement encore, un petit chat sur lequel je suis tombé ; je vous demande si ça n'est pas dur !
JEANNETTE
Pauvre Moutonnet!... écraser un petit chat, assommer un liomme et en noyer deux...
JAVOTTE
Tiens, monsieur la Douceur, il parait que quand il faut
faire des gestes, il n'a pas les mains dans ses poches... Mais il ne s'agit pas de ça, monsieur Moutonnet, votre maîtresse se marie aujourd'hui.
ilOLTON.VET.
C'est vrai ?
JAVOTTE
Il faut empêcher ça, Colas!
JEANNETTE
Javotte, ne lui fais pas peur.
MOUTONNET
Dame, moi je ne sais pas comment, à moins de mettre doucement le feu à la maison...
Écoutez, il ne peut pas y avoir de noce sans mariée, donc...
AIft : Le briquet frappe la pierre. [Les Deux Chasseurs.)
En enl'vant cell' qu'on marie N, i, ni, c'est bien fini.
JEANNETTE
Un cnléveniciit, neiini!
JAVOTTE
El comme, je le parie, On a vol' signalement, 11 faut tous deux à l'inslanl Choisir un déguisement.
MOUTONNET
Oh! non, c'est trop téméraire:
Moi, je n'ai jusqu'à présent Jamais vu d'enlèvement ; Je ne saurais comment faire Pour l'enlever...
JEANNETTE
Eh! niun fiicu !
J' tùcli'rai de m'aidor un peu.
LES BAINS A I.A l'APA 23
JWOTTE, à .Afouloiint't qui tieiil un [lelil paciucl.
Qu'avez-vous là ?
MOLTONNET.
Ccst un pantalon de rechange que j'avais apporté dans le cas où j'aurais été forcé de me baigner.
JWOTTE,
V'ià ce qu"il nous faut, nigaud, (a Jeannette.) Habille-loi en homme, on ne te reconnaîtra pas.
MOLTONNET.
Et un habit?
JAVOTTE, lui étant le sien.
Le tien lui ira ù merveille; {à Jeannette.) eh! vile, dans votre cabinet de bain.
(Elle pousse Jeannetle dehors.)