I.E CH\T
Oui, monseigneur.
DESASTUCES.
On ne peut rien v^ir de plus beau.
MIROBOLAN.
En vériié, plus je vais et plus j'aurai de peine, messieurs, h choisir entre des concurrents tels que vous... les éminentes qualités de mon conseiller intime, la valeur du seigneur de Tiircamoro, et d'un autre côté les excellents dîners de monsieur le marquis... il sera très-difficile de se prononcer.
LE CHAT, à part.
.respère cependant que ce ne sera pas long.
DESASTUCES, tenant une grappe de raisin.
Moi d'abord, tout le monde connaît mon intégrité dans le maniement des finances.
LE CHAT, à part.
Bon ! il a mordu à la grappe.
ScniBE. — Œuvres complt-tes. Il"ie Série — ii»"* Vol. — lO
DESASTUCES.
Je mets toujours la moitié de vos revenus dans ma poche; je fais valoir vos capitaux à mon profit el rançonne vos sujets, je puis le dire, du mieux qu'il m'est possible... après cela je puis marcher tète levée.
TOUS, étonnés.
Qu'est-ce qu'il dit donc ?
MIROBOLAX.
Miséricorde !
TURCAMORE, tenant aussi une grappe.
Quant à moi, mon prince, je ne veux pas faire hlanc de mon épée ; mais j'ai reçu plus de mille coups... (u mange un grain.) mille coups de bâton à voire service... Ah ! ah! et dans la dernière affaire encore... (Relevant sa moustache.) j'étais caché dans un fossé et je n'ai reparu que lo lendemain de la bataille... Ah ! ah ! voilà comme je suis.
MIROBOLAN, étonne.
Eh bien! j'en apprends de belles... heureusement que je puis me passer d'eux. (Prenant une grappe.) J'ai de la tète et du jugement. (Mangeant un grain.) Il cst vrai que je dors souvent à l'audience, el chacun sait que, sans mon sénéchal, je .serais un véritable duc de carreau.
TURCAMORE.
Que dites-vous, prince?